Des lipides polaires laitiers pour diminuer le risque cardiovasculaire


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Des essais menés chez des animaux ont montré l’effet bénéfique de l’ingestion de lipides polaires laitiers (LPL) sur la régulation du taux de cholestérol sanguin. Les LPL sont présents en particulier dans la crème et le babeurre. Pour mémoire, une molécule est dite polaire quand la répartition de ses charges négatives et positives n’est pas symétrique dans l’espace. Une équipe de chercheurs français travaillant dans le cadre du projet ANR VALOLAB (coordonné par Marie-Caroline Michalski, directrice de recherche INRA, Lyon) a retrouvé cet effet bénéfique chez 58 femmes post-ménopausées et en surpoids, qui constituent une population à risque cardiovasculaire important.

Dans un essai randomisé en double aveugle de quatre semaines, l’introduction de LPL dans le régime alimentaire a diminué significativement les taux plasmatiques de cholestérol et de différents marqueurs de risque cardiovasculaire, tels que les rapports cholestérol total / HDL cholestérol et Apolipoprotéines B / Apolipoprotéines A1. Elle a également augmenté le taux fécal de coprostanol, métabolite intestinal du cholestérol. En revanche, les acides gras fécaux à chaîne courte ainsi que la population bactérienne intestinale n’étaient pas affectés par cette modification du régime alimentaire.

Une nouvelle voie de prévention du risque cardiovasculaire

Par ailleurs, chez des patients ayant une iléostomie, l’ingestion de LPL a provoqué une diminution de l’absorption intestinale de cholestérol et une augmentation de l’excrétion iléale de cholestérol. Cela s’expliquerait par la formation d’un complexe LPL-cholestérol ne pouvant pas être absorbé par la paroi intestinale.

Pour les chercheurs, l’introduction de LPL dans l’alimentation de populations exposées au risque cardiovasculaire pourrait être une nouvelle voie de prévention. De plus, les LPL pourraient constituer une alternative à l’utilisation de lécithine de soja utilisée dans de nombreux produits laitiers.

Le projet ANR VALOLAB (2012-2016) a fédéré l'interprofession laitière (CNIEL) et 6 laboratoires et centres de recherche : l’unité Carmen à Lyon, avec la participation du CRNH Rhône-Alpes, l’Unité de nutrition humaine et l’unité Microbiologie, environnement digestif et santé (Inra, UCA) à Clermont- Ferrand, avec la participation du CRNH Auvergne, l’unité Science et technologie du lait et de l'œuf (Inra, Agrocampus ouest) à Rennes, l’ENILIA (Surgères, avec la participation d’ACTALIA Produits Laitiers et Philolao), et l’ITERG (Bordeaux).