Des conséquences obstétricales de l’infibulation

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Les mutilations sexuelles telles que l'excision, sont pratiquées dans encore 28 pays, la plupart subsahariens. On estime que plus de 91 millions de femmes en Afrique ont subi une mutilation sexuelle. Ce rituel est pratiqué, selon la culture locale, entre la naissance et la puberté, le plus souvent par une femme sans formation médicale, sans asepsie ni traitement antidouleur, avec des instruments rudimentaires. Mais un nombre croissant de professionnels de santé font aussi ces mutilations soit parce qu'ils considèrent cette coutume comme légitime, qu'ils sont attirés par les profits financiers, ou qu'ils souhaitent donner des soins plus sûrs.

Les séquelles de ces interventions peuvent augmenter le nombre de complications obstétricales telles qu'un travail prolongé, des déchirures périnéales et des épisiotomies plus nombreuses, des hémorragies, la nécessité d'une césarienne et d'une réanimation du nouveau-né. Des interventions de reconstruction existent mais en cas de mutilation de type 3 (ou infibulation : rétrécissement de l'orifice vaginal en coupant et en repositionnant les petites lèvres, et parfois les grandes lèvres, avec ou sans ablation du clitoris) les tissus restent cicatriciels, favorisant ainsi les traumatismes obstétricaux, causes ultérieurs de douleurs et difficultés sexuelles.

En Grande-Bretagne où vivent au moins 66 000 femmes mutilées sexuelles, les femmes enceintes ont le choix d'être désinfibulées pendant la grossesse ou lors de l'accouchement. Le meilleur moment pour cette intervention n'est pas déterminé mais lorsqu'elle est effectuée en début de grossesse, l'examen vaginal et le sondage vésical sont plus faciles, de même que la naissance elle-même. Le Royal College des sages-femmes recommande qu'elle soit effectuée avant la grossesse, ou aux alentours de 20SA afin d'éviter d'une part les lacérations et d'autre part d'avoir à couper des tissus qui seraient encore cicatriciels.

La maternité de Birmingham a mis en place une consultation dédiée à ces femmes et l'équipe a effectué un audit afin de pouvoir...