Des chercheurs posent un regard nouveau sur la physiopathologie des MICI

  • Van de Guchte M & al.
  • Microbiome

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe de chercheurs participant au projet européen ERC Homo symbiosus, projet coordonné par l’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’alimentation et l’environnement) vient d’apporter de nouvelles données concernant le développement des maladies inflammatoires chroniques des intestins.

Sur la base de modèles animaux ils ont montré que la dysbiose intestinale et l’inflammation favorisaient l’apparition d’états déséquilibrés durables de l’écosystème intestinal. Plusieurs états alternatifs stables existeraient et seraient associés à des degrés divers d’inflammation. Ceux-ci évolueraient jusqu’à un point de basculement, sorte d’état critique de transition vers un cercle vicieux.

Ce qui est nouveau ici, c’est le caractère stable, durable du déséquilibre induit et l’association entre différents niveaux d’inflammation et différents états stabilisés du microbiote. 

Pourquoi ces résultats sont importants ?

Ces données ouvrent vers de nouvelles perspectives thérapeutiques. En effet, en mettant en évidence l’interaction entre l’hôte et le microbiote, ces données suggèrent qu’il serait préférable d’agir conjointement sur l’hôte (à travers l’inflammation) et sur le microbiote, et non sur l’un ou l’autre. Ces données pourraient également expliquer pourquoi il est si difficile de parler de guérison dans ces maladies.

Méthodologie

Des rongeurs ont tout d’abord été soumis à une alimentation pauvre en fibres et en protéines, et plus riche en glucides, lipides diminuant ainsi la diversité du microbiote. Ils ont ensuite été exposés tous les 3 jours durant un mois à des concentrations variées d’un composé favorisant les colites afin d’imiter une colite ulcéreuse. L’évolution du microbiote a été suivie par profilage génétique de l’ARNr 16S, et l’inflammation du côlon évaluée après sacrifice des rongeurs à 45 jours.