Des antécédents d’incarcération ont une incidence sur le risque d’infection à VIH et à VHC


  • Daniela Ovadia - Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Une incarcération récente est associée à un risque accru d’acquisition du VIH et du virus de l’hépatite C (VHC) chez les usagers de drogues par injection (UDI).
  • L’incarcération pourrait être un facteur de risque significatif de transmission du VIH et du VHC chez les UDI dans de nombreux contextes.
  • Les constatations valident la nécessité d’élaborer des stratégies efficaces visant à réduire le risque de transmission du VIH et du VHC chez les UDI, avec une évaluation de l’impact des lois relatives aux drogues et de l’incarcération excessive.

 

Les antécédents d’incarcération sont un facteur à prendre en compte dans la détermination du risque d’infection à VIH et à VHC chez les usagers de drogues par injection (UDI). « Le risque à court terme augmente considérablement après une incarcération récente, tandis qu’une incarcération ancienne est faiblement associée à un risque d’infection à l’un ou l’autre des virus », indique Jack Stone, premier auteur de l’article publié dans le Lancet Infectious Disease.

La revue systématique et la méta-analyse ultérieure portaient sur les résultat publiés de 20 études et les résultats non publiés de 21 études, et avaient pour but de déterminer le lien entre les antécédents d’incarcération et le risque d’acquisition du VIH et du VHC chez les UDI. « Quelque 58 % des UDI ont déjà été incarcérés, et leurs antécédents d’incarcération sont souvent associés à une infection à VIH et à VHC prévalente », expliquent les chercheurs, soulignant que de nombreuses études laissent envisager l’importance des stratégies de prévention de la transmission pendant la période suivant la libération.

Pour mieux comprendre le mécanisme et l’ampleur de l’augmentation du risque après l’incarcération, Stone et ses collègues ont analysé les données d’études menées en Australasie, en Europe occidentale et en Europe de l’Est, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie de l'Est et du Sud-Est, montrant que des antécédents récents d’incarcération (au cours des 3, 6, 12 derniers mois ou au dernier suivi) étaient associés à une augmentation de 81 % du risque d’acquisition du VIH (risque relatif [RR] : 1,81) et de 62 % du risque d’acquisition du VHC. Dans les deux cas, une hétérogénéité modérée entre les études a été observée (I2 = 63,5 % [p = 0,001] et I2 = 57,3 % [p = 0,002] pour le VIH et le VHC, respectivement).

« Nos résultats semblent indiquer que l’incarcération pourrait être un facteur de risque significatif de transmission du VIH et du VHC chez les UDI, et des études sont maintenant nécessaires pour comprendre comment l’incarcération augmente le risque d’acquisition de ces infections », affirme Stone. « Il est nécessaire d’agir sur les vulnérabilités sociales des UDI de façon à réduire complètement les risques associés à l’incarcération », conclut-il.