Derrière des encéphalites inexpliquées, le virus de Borna

  • Niller HH & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 7 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Des épisodes fébriles associés à des maux de tête, évoluant rapidement vers en une atteinte du système nerveux central ou périphérique dont l’étiologie ne serait pas déterminée pourraient être liés au virus de Borna (BoDV-1).

Le virus de Borna est connu pour provoquer des atteintes neurologiques graves chez certains mammifères domestiques (cheval, mouton…), mais sa capacité à passer de l’animal (musaraigne à dents blanches) à l’homme reste sujet à controverse, notamment parce que sa mise en évidence sérologique reste difficile. Avec l’émergence de la zoonose liée au VSBV-1, un autre Bornaviridae génétiquement proche et mis en évidence chez des patients allemands décédés d’encéphalites en 2015, de nouveaux efforts ont été produits pour mieux identifier cette famille virale. C’est ainsi que trois cas d’encéphalite survenus chez des patients ayant été transplantés par les organes issus d’un même patient ont été attribués au BoVD-1 en 2018. Dans une étude, parue dans le Lancet Infectious Diseases , une équipe allemande a cherché à évaluer la présence de l’infection parmi les cas d’encéphalites reçus par un hôpital universitaire bavarois (région d’endémie).

Description de la présentation clinique

La recherche du virus a pu être menée à partir d’échantillons tissulaires issus de 56 cas d’encéphalite survenus entre 1999 et 2019 : il n’a été retrouvé dans aucun des 28 cas pour lesquels une hypothèse étiologie était établie. Parmi les 28 cas dont l’étiologie était indéterminée, 15 avaient été non fatals et 9 avaient été fatals (4 non établis) : parmi ces derniers, 7 ont été associés à la présence du virus BoVD-1, alors que le virus n’a pas été retrouvé parmi les 15 autres cas.

Parmi les 7 cas identifiés, la maladie a débuté par des maux de tête et de la fièvre, évoluant rapidement avec une apparition de signes neurologiques, dont une démarche instable, une confusion, des troubles de la mémoire, des convulsions et une perte progressive de la conscience. L’IRM initiale ne montrait pas de lésions cérébrales, mais 2 ont développé des lésions non rehaussées au gadolinium dans le lobe temporal et 1 dans le lobe frontal. L’électroencéphalographie montrait un ralentissement diffus chez tous les patients, dès les premiers jours de la maladie. Les analyses biologiques mettaient en évidence des taux élevés de leucocytes protéines et de lactate dans le liquide cérébrospinal.

Le délai d’incubation est inconnu chez les sujets immunocompétents, sachant que chez les sujets transplantés en 2015, les manifestations étaient apparues 3 semaines après l’opération.