Dermatite atopique : vers une nouvelle vague de médicaments systémiques

  • Barbarot S
  • Ann Dermatol Venereol
  • 17 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Dans le sillage du dupilumab, une nouvelle génération de médicaments de la dermatite atopique se profile. Elle devrait largement faire évoluer la prise en charge des sujets atteints de formes sévères, chez l’adulte comme chez l’enfant. L’éditorial de Sébastien Barbarot dans les Annales de Dermatologie et de Vénéréologie en évoque les attendus.

La nouvelle génération de molécules à venir

Les interleukines (IL4, IL13, IL31...) et les récepteurs Janus kinases sont les deux catégories de cibles thérapeutiques contre lesquelles sont développées les nouveaux médicaments systémiques, respectivement sous forme d’anticorps (Ac) monoclonaux humanisés et des petites molécules.

Parmi les Ac monoclonaux, seul le dupilumab (anti-IL4 et IL13) est aujourd’hui indiqué dans la dermatite atopique, mais d’autres devraient prochainement le rejoindre : tralokinumab, librékizumab (anti-IL13), némolizumab (anti-IL31, cytokine du prurit), puis potentiellement le fezakinumab (anti-IL22) ou le sécukinumab (anti-IL17). Quant aux anti-JAK, il s’agit essentiellement de molécules déjà utilisées en rhumatologie ou en hématologie (baracitinib, tofacininib).

Implications sur la prise en charge actuelle

Il semble évident que la balance bénéfice-risque favorable de ces molécules, si elle est démontrée par les essais pivots et confirmée par des études menées en pratique clinique quotidienne, permettra d’offrir des options thérapeutiques importantes dans un contexte clinique où les alternatives restent peu nombreuses. Comme le rappelle l’auteur, les molécules aujourd’hui utilisées dans la dermatite atopique sévères ont, malgré leur ancienneté, fait l’objet de peu d’études randomisées de bonne qualité et présentent, chacune, des inconvénients dans leur utilisation (tolérance à long terme et contre-indications de la ciclosporine, délai d’action du méthotrexate, accessibilité géographique des cabines de photothérapie). Ceci est d’autant plus significatif que de nombreux patients ne répondent pas à ces traitements classiques.

Mieux reconnaître la dermatite atopique pour mieux la traiter

Les prochaines molécules qui seront autorisées bénéficieront probablement des mêmes modalités de prise en charge que le dupilumab (contre-indications, intolérance ou échec à la ciclosporine), chez des patients insuffisamment contrôlés par des traitements topiques et malgré une prise en charge bien conduite (médicaments, éducation thérapeutique, investigations allergologiques ) .

Reste que la dermatite est une maladie encore mal connue et mal diagnostiquée. Elle peut être invalidante tout en étant négligée par les patients comme par les médecins. Comme le souligne l’auteur, « l’attitude dogmatique des médecins a probablement contribué à mal identifier ce dont ils souffraient en persistant, par exemple, pendant des décennies à confondre allergie alimentaire et DA. Les croyances complexes comme la crainte d’utiliser les traitements anti-inflammatoires locaux (corticophobie), souvent partagées par les patients et les soignants, aggravent la déficience de prise en charge ».  Sébastien Barbarot invite à une évolution de ce constat, via des filières de soins mieux constituées et en s’inspirant des progrès réalisés dans le psoriasis ces quinze dernières années.