Dermatite atopique : données françaises du dupilumab en conditions d’utilisation réelles

  • Lasek A & al.
  • J Eur Acad Dermatol Venereol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Les données d’une cohorte rétrospective française d’enfants atteints de dermatite atopique (DA) sévère relevant d’un traitement par dupilumab montrent des résultats en conditions de vie réelle comparables à celles rapportées dans les essais cliniques pédiatriques, alors même que près de la moitié d’entre eux n’avaient pas un profil différent à celui fixé pour l’éligibilité aux études pivots dédiées.

  • Les données de tolérance suggéraient également légèrement moins d’évènements ophtalmologiques. Cependant, la forme injectable peut rester une limitation parmi une telle population.

Pourquoi est-ce important ?

Le dupilumab est un anticorps monoclonal anti-IL-4 et IL-13 qui a montré son efficacité chez l’adulte et l’adolescent, puis chez l’enfant âgé de 6 à 11 ans atteint de DA sévère et mal contrôlée par des traitements topiques. L’enregistrement européen du dupilumab dans cette dernière indication pédiatrique date de novembre 2020. Il était important d’évaluer si les données d'efficacité et de sécurité du dupilumab en conditions réelles d’utilisation sont comparables à celles des études cliniques.

Méthodologie

Cette étude est une analyse menée à partir des données recueillies auprès d’une cohorte rétrospective multicentrique française du groupe de recherche de la Société Française de Dermatologie Pédiatrique (SFDP) et du Groupe de Recherche sur l'eczéma atopique (GREAT) de la Société Française de Dermatologie. Tous les patients âgés de 6 à 11 ans ayant un diagnostic de DA sévère ayant justifié l’administration d’au moins une injection de dupilumab entre août 2018 et mai 2021 ont été inclus dans l’analyse.

Principaux résultats

La cohorte était composée de 80 patients issus de 21 sites français, dont 57,5% étaient des filles. L’âge moyen était de 9,3 ans et l'âge moyen d'apparition de la DA était de 12,5 mois.

Ils étaient 43,8% à avoir de l'asthme, 35% une rhinite allergique et 28,8% une allergie alimentaire.

La DA était de présentation diffuse classique dans 92,5% des cas, avec un score de sévérité moyen (SCORAD) de 53,9 sur 100 et une évaluation moyenne par l’investigateur (IGA) de 3,5. Enfin, 39 d’entre eux avaient une éosinophilie >500/mm3.

Le suivi moyen des enfants sous dupilumab était d'environ 6 mois. Après 3 mois de traitement, le score médian de sévérité (SCORAD) avait diminué de 53,9 à 21,8 points (p<0,0001) et la sévérité selon l’investigateur (IGA) était abaissée de 3,5 à 1,3 (p<0,0001).

Ils étaient deux tiers à avoir atteint un IGA de 0 ou 1 (guérison ou quasi guérison des lésions) et ils étaient les trois quarts à atteindre un SCORAD50 (baisse de 50% du score de sévérité) à 3 ou 6 mois et un quart à atteindre un SCORAD75 à 6 mois.

Sur le plan de la tolérance et de la sécurité, 12,5% ont eu une atteinte ophtalmologique non infectieuse (principalement des conjonctivites) tandis que 3 et 14 enfants respectivement ont eu une éosinophilie >5.000/mm3 à 3 mois et des douleurs au site d'injection.