Dermatite atopique : actualisation de la prise de position de l’EADV

  • Wollenberg A & al.
  • J Eur Acad Dermatol Venereol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Un groupe de travail de l’European Academy of Dermatology and Venerology (EADV) propose une actualisation de sa position concernant la prise en charge de la dermatite atopique de l’enfant et de l’adulte, dont la dernière publication date de 2016. Pour mémoire, ce texte propose, pour les deux populations une prise en charge graduée selon la fréquence de l’atteinte, ou sa sévérité établie à partir de l’échelle de gravité SCORAD (Scoring atopic dermatitis) cotée entre 0 et 103, selon la nature et le nombre des régions touchées, l’intensité des manifestations de la maladie et des symptômes subjectifs rapportés par le patient. Ainsi, il établit 4 catégories de traitement : le traitement de base et un traitement préconisé en cas de score inférieur à 25 ou d'eczéma passager, compris entre 25 et 50 ou d’eczéma récurrent, et supérieur à 50 ou d’eczéma persistant.

Ce travail est l’occasion de préciser certaines recommandations thérapeutiques, en introduisant notamment certaines approches pharmacologiques récentes.

En matière de prévention primaire, cette prise de position ne donne pas de recommandation concernant les adaptations de l'alimentation ou des modes de vie, y compris concernant les pré- ou les probiotiques, car la qualité des données est insuffisante, malgré le nombre parfois significatif d’études dédiées. Ainsi, le traitement de base repose sur un hydratant topique, l’utilisation d’émollient et d’huile de bain, l’éducation du patient et la recherche/éviction des allergènes.

Pour les eczémas légers ou ponctuels, les traitements préconisés en 2016 restent les mêmes : topiques corticoïdes de classe II, et, en cas de cofacteurs associés un inhibiteur de la calcineurine (tacrolimus, pimecrolimus), un antiseptique (dont l’argent) ou des textiles antimicrobiens. Y est associé toutefois le crisaborole topique (non commercialisé en Europe) un inhibiteur de phosphodiestérase 4 (IPDE4), régulateur clé de la production de cytokines inflammatoires. Le crisaborole est la molécule pour laquelle les données sont les plus nombreuses et apparaît efficace dans les formes légères à modérées de la maladie.

Les traitements recommandés pour les formes modérées ou récurrentes sont les mêmes que ceux préconisés dans la version 2016 de cette prise de position (cf schéma). Enfin, dans les formes les plus sévères ou chroniques, le texte introduit principalement le dupilumab qui est le premier médicament biologique enregistré dans le traitement des formes modérée à sévère de dermatite atopique chez les patients de 12 ans et les adultes. Pour mémoire, le dupilumab est un anticorps monoclonal anti IL-4Rα qui bloque à la fois la signalisation de l'IL-4 et de l'IL-13. Dans des essais contrôlés randomisés menés sur 52 semaines, le dupilumab a permis d’améliorer les symptômes et la qualité de vie des patients vs bras comparateur dans les formes modérées à sévères.

Enfin, le groupe de travail évoque la perspective des inhibiteurs de JAK qui sont aujourd’hui évalués dans la dermatite atopique et qui semble intéressants chez l’adulte et l’adolescent selon les premières données relatives à l’abrocitinib, l’upadacitinib ou le baricitinib. Toutefois, leur profil de tolérance devra être établi dans le cadre d’une utilisation prolongée, et les anti-JAK1, plus sélectifs, pourraient aussi avoir l’avantage d’être mieux tolérés.