Dérèglement climatique : quels risques pour la santé respiratoire ?

  • Pascal M
  • Rev Mal Respir

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Les évènements climatiques extrêmes, principalement liés aux vagues de chaleur, sont de plus en plus fréquents et désormais parfaitement décrits comme liés au dérèglement climatique. Une courte revue parue dans la Revue des Maladies respiratoires propose un tour d’horizon des principales complications de santé déjà mises en évidence sur le sujet, notamment sur le plan pulmonaire.

La chaleur sollicite les différents mécanismes de thermorégulation corporelle. S’ils sont défaillants ou insuffisants, ils peuvent conduire à l’hyperthermie, puis au décès. Mais aussi engendrer la décompensation de la quasi-totalité des maladies chroniques cardiovasculaires, rénales ou neurologiques. En France métropolitaine, on évalue à 10.000 le nombre de décès liés aux canicules entre 2004 et 2020, sachant que quatre des sept épisodes de chaleur ayant entraîné le plus de décès durant les 50 dernières années ont eu lieu depuis 2015.

En ville, le phénomène d’îlot de chaleur urbain (lié à la concentration d’activités humaines, aux matériaux de construction, l’absence de végétalisation…) serait particulièrement délétère pour la santé. Dans ce domaine, une étude francilienne rapporte d’ailleurs que le risque de décès liés à la chaleur est 18% plus élevé dans les villes peu végétalisées par rapport à celles qui le sont le plus. L’impact des pénuries d’eau potable est aussi à explorer.

Le dérèglement climatique devrait conduire à une variabilité accrue des phénomènes et donc, outre les vagues de chaleurs, des vagues de froid extrêmes pourraient survenir, avec un risque d’augmentation de la mortalité liée notamment aux infections respiratoires ainsi qu’à l’exposition au monoxyde de carbone. Enfin, les évènements violents de type tempêtes, orages, ouragans, submersions… auront sans doute un effet lié à leurs conséquences elles-mêmes (stress, traumatisme…), mais aussi aux désorganisations qu’ils engendrent sur l’habitat, les soins, les services d’urgence..

Feux de forêt et particules fines

Sur le plan respiratoire, les études disponibles décrivent une mortalité pour cause respiratoire qui est accrue au cours des épisodes de chaleur extrêmes. Des pics de pollution se superposent souvent à ces épisodes caniculaires, conduisant à aggraver l’impact sur la santé. Les feux de forêt, favorisés par de tels épisodes et une sécheresse simultanée, conduisent à une augmentation de la pollution de l’air en particules fines (notamment les PM 2,5µm). Une étude européenne a montré l’augmentation du nombre de décès liés aux particules fines durant les épisodes de feux de forêt. D’autres études décrivent aussi l’augmentation des hospitalisations pour cause respiratoire liés aux incendies d’ampleur.

À l’avenir, la répétition de ces évènements pourraient interroger les conséquences d’une exposition -cette fois chronique- aux particules issues des feux de forêt sur la santé respiratoire.

Des mesures d’atténuation et d’adaptation à ces phénomènes sont indispensables, qui devront être menées en évitant l’écueil d’une disparité quant à leur accès, tant sur le plan territorial que socio-économique.