Dépression persistante : l’ajout d’un traitement additionnel par mirtazapine n’apporte pas d’amélioration

  • Kessler DS & al.
  • BMJ
  • 31 oct. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon les résultats de cet essai contrôlé randomisé, il n’y a pas de bénéfice à ajouter la mirtazapine à un traitement par inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS) ou de la noradrénaline (ISRN) chez les sujets suivis en soins primaires et présentant toujours des symptômes dépressifs persistants après 6 semaines de traitement.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La moitié des patients qui prennent un traitement antidépresseur à la bonne dose et sur une durée adéquate ne voient pas leurs symptômes améliorés. Au-delà des augmentations de dose ou des changements de molécule, l’ajout d’un second antidépresseur disposant d’un mode d’action différent pourrait apporter un effet additionnel ou synergique par rapport à une monothérapie par ISRS ou ISRN. Et la mirtazapine, antagoniste des récepteurs à la noradrénaline et à la sérotonine, a été envisagée comme un candidat possible. Les essais menés jusqu’ici sur cette molécule ont apporté des résultats contradictoires, aussi une équipe britannique a entrepris d’évaluer l’intérêt d’un traitement additionnel par mirtazapine pour améliorer les symptômes et la qualité de vie de patients souffrant de dépression persistante après un premier traitement antidépresseur de 6 semaines bien conduit.

Conception de l’étude

Cet essai contrôlé randomisé de phase 3 a recruté des patients adultes dépressifs suivis en médecine générale. Pour être inclus, ils devaient avoir suivi un traitement par ISRS ou ISRN depuis au moins 6 semaines, avec une bonne observance au traitement, et montrer des symptômes dépressifs persistants (score de 14 ou plus sur l’inventaire de dépression de Beck II, ICD-10). Ils ont été randomisés pour recevoir de la mirtazapine ou un placebo en plus de leur traitement usuel et ont ensuite été suivis à 12, 24 et 52 semaines. Les symptômes dépressifs étaient évalués selon l’inventaire de dépression de Beck.

Résultats

  • Sur les 480 sujets inclus dans l’étude, 241 ont reçu de la mirtazapine en plus d’un traitement par ISRS ou ISRN et 239 un placebo. Tous suivaient un traitement par ISRS et ISRN depuis au moins 6 semaines et près de 90% d’entre eux étaient sous antidépresseurs depuis au moins 6 mois, la plupart ayant déjà eu des épisodes dépressifs antérieurs. Les profils d’intensité des symptômes étaient très étendus à l’inclusion (légers à sévères).
  • Après 12 semaines de traitement, les scores sur l’inventaire de Beck (IB) étaient similaires dans le groupe intervention et placebo. Une très légère différence était observée après ajustement sur l’IB à l’inclusion et d’autres facteurs confondants, avec un intervalle de confiance croisant le 0 (différence moyenne ajustée -1,83 [-3,92 à 0,27], p=0,09) et un effet clinique peu probable.
  • Par ailleurs, les effets indésirables ont été plus fréquents dans le groupe mirtazapine que dans le groupe contrôle et associés à davantage d’arrêts de traitement.