Dépression du post-partum : des risques précisés


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Cinq à 15 % des femmes seraient concernées par la dépression du post-partum qui se déclare dans les six mois suivant l'accouchement. Si cette complication est courante, une étude parue dans PLOS Medicine relative le risque de la développer. Selon ses auteurs, les femmes sans antécédent psychiatrique ne seraient que 0,6 % à être touchées par cette forme de dépression sévère. « Ce taux est faible et rassurant », commente le Pr Antoine Pelissolo, chef de service de psychiatrie à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.

Les chercheurs ont analysé les registres danois des naissances, les prescriptions de médicaments et les hospitalisations chez les femmes ayant accouché entre 1996 et 2013. Ils ont ainsi pu constituer une cohorte de 457 317 femmes sans antécédent de dépression suivies jusqu'en 2014. En recoupant les cas de prescriptions d'antidépresseurs et d'hospitalisation pour dépression, les auteurs sont parvenus à un taux très faible de dépressions post-partum chez ces mères. Il reste une inconnue : quel est le pourcentage de femmes n'ayant pas consulté pour leur dépression ? La question est d'autant plus cruciale qu'on sait que cette maladie est taboue puisque empreinte d'une grande culpabilité chez la mère.

L'étude apporte d'autres enseignements. La durée de traitement de la dépression du post-partum et son risque de récidive sont tous les deux très importants. Ainsi plus de 5 % des femmes dépressives sont toujours sous antidépresseurs après quatre ans et le risque de nouvelle dépression est multiplié par plus de six pendant au moins six ans chez les mères ayant fait une dépression en post-partum par rapport à celles qui n'ont pas d'antécédents. Environ 13 % des premières ont souffert d'un nouvel épisode dépressif contre seulement 1,8 % des secondes. Quant au risque de récidive après une seconde grossesse, il est multiplié par 27 pour les femmes traitées par antidépresseurs après une première dépression et par 46 pour celles qui ont été hospitalisées ! Elles sont respectivement 15 % et 21 % à connaître une rechute. La prévention d'un premier épisode de dépression du post-partum est donc capitale. L'enjeu est de repérer les femmes enceintes à fort risque de la développer. D'après une autre étude, il s'agit le plus souvent de femmes en situation précaire, ayant une grossesse non désirée, seules, très jeunes ou prenant des stupéfiants. Toutefois ces facteurs expliqueraient à peine un tiers des dépressions. La génétique et les modifications biologiques induites par la grossesse et l'accouchement joueraient également un rôle important.