Dépression chez l’adolescent : les profils cliniques sont prédictifs de la réponse au traitement

  • Bondar J & al.
  • Lancet Psychiatry
  • 1 avr. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude brésilienne a caractérisé, chez des adolescents souffrant de dépression, des profils symptômatiques associés à une meilleure réponse au traitement.
  • L’un de ces profil apparaît plus réactif à un traitement par fluoxétine seule ou associée à une thérapie cognitive et comportementale (TCC) vs placebo, tandis qu’aucune réponse au traitement n’est enregistrée pour le second profil identifié.
  • Ces profils d’expression des symptômes devraient donc être pris en compte lors de l’évaluation des patients de façon à orienter les traitements de façon plus personnalisée.

 

Intérêt de l’étude

La prise en charge de la dépression chez les adolescents n’est jamais chose aisée. Des facteurs prédictifs de la réponse au traitement ont été identifiés (sévérité des symptômes, haut niveau de revenus familiaux, faible niveau de distorsion cognitive), mais il reste difficile de présager de la réponse au traitement pour un patient donné. Chez l’adulte, certaines études ont suggéré une corrélation avec un profil de symptômes particuliers. Une équipe brésilienne a voulu savoir si ces mêmes symptômes pourraient permettre de prédire la réponse au traitement chez les adolescents et ainsi ouvrir la possibilité d’approches plus personnalisées.

Résultats

  • Deux groupes de symptômes ont ainsi pu être dégagés à partir des trajectoires des scores obtenus aux différents items de l’échelle CDRS-R (Children Depression Rating Scale-Revised) au cours des 12 premières semaines de traitement.
  • L’un associait une humeur dépressive, des difficultés à s’amuser, une irritabilité, un retrait social, des troubles du sommeil, des difficultés scolaires, une fatigue importante et une faible estime de soi.
  • L’autre comprenait une augmentation ou une perte de l’appétit, des plaintes physiques, des pleurs fréquents, une culpabilité excessive, ainsi que des idées morbides ou suicidaires.
  • Chez les patients qui présentaient le premier groupe de symptômes, les scores CDRS-R (Children Depression Rating Scale-Revised) ont été réduits de façon significative dans les deux bras fluoxétine et fluoxétine + TCC par rapport au groupe placebo (taille d’effet évaluée à 5,8 points dans le bras fluoxétine + TCC et à 4,1 points dans le bras fluoxétine seule). Il n’y avait pas de différence d’évolution des symptômes entre les TCC seules et le placebo. 
  • À l’inverse, les traitements actifs n’ont pu apporter aucune amélioration chez les patients qui présentaient le deuxième groupe de symptômes.

Méthodologie

  • Ces résultats reposent sur l’analyse secondaire de l’étude Treatment for adolescents with Depression qui avait inclus 439 adolescents de 12 à 17 ans ayant reçu un diagnostic de dépression majeure selon les critères du DSM IV.
  • Les participants avaient été répartis en 4 bras : fluoxétine, thérapie cognitive et comportementale (TCC), fluoxétine associée à une TCC et placebo.
  • Des groupes de symptômes présents simultanément en phase aiguë de la maladie ont été recherchés chez 426 de ces patients, puis les associations entre ces profils symptômatiques et la réponse au traitement ont été analysées.