Dépression : adultes et adolescents ne sont pas logés à la même enseigne

  • Rice F & al.
  • J Affect Disord
  • 15 janv. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir

Selon les résultats d’une équipe britannique, les troubles dépressifs majeurs (TDM) se manifestent de façon différente chez les adultes et les adolescents. Ainsi, les symptômes végétatifs (changement d’appétit, prise ou perte de poids, insomnie) sont des symptômes plus fréquents chez les adolescents, alors que les difficultés de concentration sont plus communes chez les adultes. Pour les auteurs, ces résultats peuvent faciliter l’identification des TDM chez les adolescents, permettre la mise en place précoce d’un traitement ou la prise d’un avis spécialisé et, in fine, favoriser une évolution plus positive de ces adultes en devenir.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les critères diagnostiques servant à définir un TDM sont à peu près les mêmes pour les adultes et les enfants. Pourtant, des différences importantes ont été relevées, tant en termes de réponse au traitement que de susceptibilité génétique. Certaines études suggèrent que le phénotype de la maladie pourrait différer entre adolescents et adultes, avec des symptômes végétatifs plus fréquents chez les premiers (appétit, poids, fatigue, insomnie), ainsi que des douleurs musculo-squelettiques et des céphalées. Cependant, peu d’études ont directement comparé adultes et adolescents sur une même base méthodologique. 

Méthodologie

Cette étude britannique a inclus des adultes ayant présenté des épisodes dépressifs majeurs récurrents (≥2), ainsi que leurs enfants adolescents (9-17 ans) vivant à leur domicile à l’inclusion. Les parents avaient tous reçu un diagnostic de TDM selon le DSM-IV dans le mois précédant l’inclusion. Ceux souffrant de troubles bipolaires ou psychotiques étaient exclus. 

Résultats 

  • Au total, 109 adultes (âge moyen 41,5 ans) et 37 adolescents (âge moyen 14,2 ans) ont reçu un diagnostic de TDM à au moins l’une des 3 évaluations de l’étude.
  • Parmi les symptômes du DSM-IV associés aux TDM, le nombre moyen de symptômes exprimés était similaire (7,1 vs 7,5) chez les adultes et les adolescents souffrant de TDM sévères, le symptôme commun le plus fréquent étant l’humeur dépressive.
  • La perte de plaisir ou d’intérêt était plus souvent présente chez les adultes que chez les ados, tandis que l’irritabilité apparaissait avec la même prévalence dans les deux groupes.
  • Chez les adolescents TDM, les symptômes les plus fréquents étaient l’humeur dépressive (94,6%), l’insomnie (86,5%), et le sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive (81,1%).
  • Chez les adultes, il s’agissait de l’humeur dépressive (98,2%), de la perte d’intérêt ou de plaisir (88,1%) et du sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive (85,2%).
  • En analyse multivariée, le changement d’appétit, la prise ou la perte de poids et l’insomnie apparaissaient plus fréquemment chez les adolescents que chez les adultes. La perte d’énergie était également plus fréquente chez les adolescents, mais semblait également liée à l’existence d’un risque familial de dépression. Chez les adultes, les difficultés de concentration étaient plus fréquentes que chez les adolescents.

Limitations

Adultes et enfants n’étaient pas recrutés sur la même base.

Les adultes présentaient des TDM récurrents, alors que leurs enfants adolescents concernés par les TDM en étaient à leur premier épisode, ce qui a pu impacter la manifestation des symptômes.