Dépister le papillomavirus au niveau cervical pour cibler les femmes à risque de cancer anal

  • Lin C & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 13 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Une étude internationale parue dans The Lancet Infectious Disease montre que la présence cervicale d’un Papilloma virus à haut risque cancérigène ou de lésions cervicales est prédictive de la présence du virus au niveau anal, ainsi que de l’existence de lésions intra-épithéliales de haut grade (HSIL) ou de cancer. Le diagnostic d’un cancer du col de l’utérus et la présence du HPV16 apparaissent notamment comme des facteurs déterminants. La séropositivité au VIH joue également un rôle important. Ces résultats suggèrent que le dépistage du cancer du col utérin pourrait aider à prédire le risque de cancer anal, indépendamment du statut VIH. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Le cancer anal est en progression, en particulier chez les femmes, et son incidence est plus élevée chez celles qui sont atteintes de lésions cervicales cancéreuses ou précancéreuses, ainsi que chez celles vivant avec le VIH. Il est probable que cette évolution soit liée aux modifications des facteurs de risque de transmission du Human Papilloma Virus (HPV). Dès lors, le dépistage du cancer du col de l’utérus pourrait-il prédire le risque de cancer anal et ainsi permettre de cibler et de dépister précocement les femmes à risque ? C’est la question à laquelle vient de répondre une étude internationale parue dans The Lancet Infectious Disease. Tous les articles ayant analysé les déterminants de l’infection anale à l’HPV et des lésions intra-épithéliales de haut grade (HSIL) ont été recherchés dans le cadre d’une revue systématique de la littérature. Les données individuelles de 13.427 femmes issues de 36 études et disposant d’échantillons cervicaux et anaux ont ainsi été prises en compte. La prévalence de la présence d’HPV à haut risque, de HSIL et de cancer dans les échantillons anaux a ensuite été évaluée en fonction de différents paramètres (HPV à haut risque au niveau cervical, lésions cervicales, statut HIV, etc.).

La présence du HPV au niveau cervical prédit sa présence au niveau anal 

Une forte association a été retrouvée entre la positivité à un HPV à haut risque au niveau cervical et sa présence au niveau anal, et ce quel que soit le statut VIH.

Par exemple, chez les femmes séronégatives pour le VIH, la prévalence des prélèvements anaux positifs au HPV16 était de 41% chez les femmes dont les prélèvements cervicaux étaient positifs à ce virus, contre seulement 2% chez celles qui étaient négatives, soit un taux de prévalence (TP) de 16,5 (p

La prévalence des prélèvements anaux positifs au HPV16 était également plus importante chez les femmes qui avaient des lésions cervicales. Ainsi, parmi les femmes VIH négatives, la prévalence était de 22% chez celles qui avaient des HSIL cervicales et de 44% chez celles qui avaient un cancer du col de l’utérus contre seulement 4% pour celles qui avaient une cytologie normale. Cette association était également retrouvée chez les femmes VIH+.

La présence de lésions cervicales prédit celle des lésions anales

La présence de lésions HSIL anales était associée à la présence d’un HPV à haut risque au niveau cervical : 24% des femmes VIH- avaient des prélèvements cervicaux positifs au HPV16 contre 2% en cas de test cervicaux négatifs (TR 12,9, p

Les lésions HSIL anales étaient également associées à la présence de lésions HSIL cervicales quel que soit le statut VIH : TR 23,1 vs cytologie normale (p

Les auteurs notent une prévalence des lésions HSIL anales positives au HPV16 plus importante parmi les femmes de plus de 45 ans ayant des lésions cervicales positives au HPV16 par rapport aux femmes de moins de 30 ans : TR 5,8 (p=0,0273) chez les femmes VIH- et TR 12,7 (p=0,0130) chez les femmes VIH+.