Dépistage et traitement universel du VHC sont coût-efficaces


  • Caroline Guignot
  • Actualités médicales
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Si les spécialistes plaident pour le dépistage universel de l’infection chronique au VHC, la Haute Autorité de Santé n’a pas encore établi ses nouvelles recommandations en la matière. Mais l’étude qui vient d’être publiée dans Journal of Hepatology , notamment menée par l’Inserm et soutenue par l’ANRS, devrait orienter sa décision : elle montre que le dépistage universel du VHC chez toutes les personnes de 18 à 80 ans serait associé à la meilleure espérance de vie, ajustée sur la qualité de vie. Sur le plan médico-économique, cette stratégie serait coût-efficace si le traitement est mis en œuvre immédiatement après le diagnostic, indépendamment de la sévérité de l’atteinte hépatique. Les auteurs de ce travail plaident ainsi pour une décision de la HAS « en faveur du dépistage universel, associé au renforcement des tests ciblés, à l’image de ce qui est fait pour le VIH . »

 

Pour cette étude, les auteurs ont utilisé les données nationales de séroprévalence de 2004, en ne considérant que les personnes infectées non diagnostiquées (0,23% de la population française). Elles ont été complétées par les données concernant le profil des sujets infectés, l’histoire naturelle de la maladie et l’efficacité des traitements tels qu’ils sont aujourd’hui préconisés. Enfin, le coût du traitement, ainsi que la qualité de vie liée à la santé des personnes infectées, telle qu’établie dans de précédentes études, ont été pris en compte.

 

Ainsi, le dépistage universel offrirait une diminution de la fréquence des évènements de santé liés au VHC, qu’il s’agisse de la cirrhose ou de la cirrhose décompensée (2,36 % et 1,92 % à 20 ans vs 3,03 % et 2,29 % avec la stratégie actuelle), du carcinome hépatocellulaire (2,34 % vs 2,54%) ou des décès d’origine hépatique (5,28 % vs 5,76%). L’étude médico-économique, elle, montre que même si cette modalité de dépistage est plus coûteuse, elle est plus coût-efficace qu’un dépistage ciblé, dès lors que le traitement est également universel (31.100 euros/QALY).


Selon le premier auteur de l’étude, si ce modèle ne permet pas de le tester, « les caractéristiques épidémiologiques qui rapprochent le VHC, le VIH et le VHB permettent de penser qu’un dépistage universel et combiné de ces trois virus pourrait être particulièrement intéressant. »