Dépistage du cancer du col de l’utérus : le rôle clef des professionnels de santé


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les chiffres sont inquiétants : non seulement chaque année en France, 3.000 cas de cancers invasifs du col de l’utérus sont détectés et 1.100 patientes en décèdent, mais le taux de survie à 5 ans a diminué, passant de 68% sur la période 1989/1993 à 62% pour la période 2005/2010. Une étude médico-économique menée entre 2014 et 2016 a montré qu’un dépistage organisé pourrait faire diminuer ces chiffres de 30% dans l’hypothèse d’un taux de participation de 80%. Or, sur la période 2015-2017, il n’a été que de 60% en France métropolitaine.

Un programme national de dépistage a été lancé pour toucher les 40% de femmes qui ne réalisent jamais ou pas régulièrement un frottis cervico-utérin. Il s’agit surtout de patientes de plus de 50 ans, en situation sociale défavorable, en situation de handicap ou atteintes d’une affection de longue durée ou d’une forme d’obésité grave ou invalidante.

Expliquer et proposer le dépistage

Ce programme repose essentiellement sur les trois professions de santé qui assurent préférentiellement le suivi gynécologique des femmes : les gynécologues, les médecins généralistes et les sages-femmes. Ce dépistage mobilise également les médecins biologistes exerçant en laboratoire et les anatomo-cytopathologistes.

Chaque professionnel est invité à vérifier pour chaque patiente âgée de 25 à 65 ans la date de son dernier dépistage et le cas échéant, à lui proposer de le réaliser ou de le prescrire. Pour l’aider à dialoguer avec elle, l’Institut national du cancer (INCa) met à sa disposition sur son site la liste des questions les plus fréquentes posées par les femmes sur ce dépistage et celle des principaux freins identifiés. Il propose également un document d’information accessible gratuitement à la demande, une fiche d’aide à la pratique et un espace d’information regroupant l’ensemble des référentiels du programme.

Recueillir le consentement des femmes pour la transmission de leurs données

Santé Publique France réalisera une évaluation annuelle du programme de dépistage. Pour cela, il est nécessaire de recueillir les données relatives aux patientes, avec leur consentement. Qu’elles s’insèrent dans le programme national de dépistage ou pas, le professionnel devra s’assurer qu’elles ne s’opposent pas à leur transmission par le laboratoire au Centre régional de coordination des cancers et à Santé Publique France, après les avoir informées sur la possibilité d’y accéder, de modifier ou de s’opposer à cette transmission. Une affiche sera mise à sa disposition pour être placée dans son cabinet médical.

Relance et avance de frais pour les moins participantes

Les femmes qui n’auront pas réalisé de dépistage au cours des trois dernières années recevront par courrier une information et une invitation à consulter leur professionnel de santé pour réaliser l’examen. En cas de non réalisation, une relance leur sera adressée un an plus tard. Elles bénéficieront d’une prise en charge à 100%, sans avance de frais, par leur régime d’assurance maladie. Celles qui auront réalisé l’examen plus tôt seront prises en charge dans les conditions habituelles.

L’ANSES rappelle pour conclure que chaque année 35.000 femmes sont traitées pour des lésions précancéreuses du col de l’utérus. La moitié a moins de 39 ans.