Dépistage des IST à domicile : premiers résultats


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Les données préliminaires de 4.220 HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) participant à MémoDépistages ont été présentées à la CROI 2019.

  • Plus de la moitié de ceux qui ont accepté de recevoir un kit de dépistage du VIH/IST à domicile ont participé et la plupart ont plébiscité d’autres voies de rendu des résultats que celui fait par le médecin.

  • Le taux de tests VIH positifs était de 0,7% et 19% présentaient une infection à chlamydia ou gonocoque.


 

Une approche réalisable et acceptable, assortie d’une demande alternative concernant les modalités de rendu des résultats : c’est le premier bilan issu de l’étude MémoDépistages expérimentée depuis avril 2018 dans quatre régions françaises et qui a été présenté à la CROI ( Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections ) début mars 2019.

MémoDépistages est un programme d’incitation au dépistage trimestriel qui propose de compléter l’offre existante par la remise par voie postale d’un kit de dépistage des IST aux HSH volontaires à l’inclusion puis à 12 mois. Il consiste aussi à expérimenter des modalités alternatives de rendu de résultats (email, SMS, téléphone). Son objectif final est d’évaluer si ce dispositif permet d’augmenter la fréquence du recours aux différents dépistages VIH/IST par les HSH à risque. En effet, il a été récemment établi que 42% d’entre eux rapportent ne pas avoir réaliséde dépistage VIH dans les 12 derniers mois. Il est donc indispensable de trouver des voies alternatives pour les inciter à recourir aux différents tests existants (sanguins, TROD, autotest).

Des HSH parfois éloignés du dépistage

En avril et mai 2018, une médiatisation ciblée a été menée afin de recruter des HSH à haut risque d’infection VIH au sein des régions les plus touchées par le virus (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence Alpes-Côte d'Azur, Île-de-France). Suite à un questionnaire d’éligibilité (plus d’un partenaire sexuel masculin dans les 12 derniers mois), les HSH qui le souhaitaient recevaient un kit de dépistage, puis un second à 12 mois, contenant les informations et le matériel pour prélever les échantillons biologiques, ainsi qu’un ensemble d’informations rappelant notamment les recommandations en matière de prévention et de dépistage des IST. Le programme prévoyait 18 mois de suivi avec des rappels trimestriels et des propositions de dépistage.

Les données préliminaires relatives aux participants franciliens (n=4.220, soit 61% de la cohorte totale) ont été présentées à la CROI 2019 : 2.051 d’entre eux ont commandé leur premier kit, 1.188 ont renvoyé au moins un prélèvement et 1.148 l’ensemble des tests contenus dans le kit. Ils étaient âgés de 30 ans en moyenne, et présentaient un nombre médian de partenaires sexuels annuels de 10. Parmi eux, 53% et 48% d’entre eux déclaraient avoir réalisé un dépistage VIH ou pour une autre IST dans les 12 derniers mois. Onze pour cent n’avaient jamais réalisé de test VIH.

E-mails, SMS, téléphone : plébiscite pour de nouveaux modes de rendu des résultats

L’analyse a permis d’établir un taux de dépistage VIH positif de 0,7%, et des tests VHB et VHC positifs dans 0,5 et 0,4% des cas respectivement. Enfin, 9,6% et 11,7% des participants présentaient un test chlamydia ou gonorrhoeae positif, quel que soit le site d’infection, soit 19% présentant l’une et/ou l’autre de ces deux IST.

Enfin, les participants avaient choisi la voie via laquelle ils souhaitaient recevoir les résultats des tests. La plupart préférait un email (56,2%) ou un SMS (33,4%) en cas de résultat négatif, et préférait l’appel d’un travailleur social (53,8%) ou un SMS (39,5%) demandant à le contacter en cas de résultat positif. Seuls 6,7 % ont choisi la voie d’une annonce faite par le médecin.

MémoDépistages montre ainsi que le dépistage à domicile est attractif pour les HSH et apparaît à la fois acceptable et faisable. Si les données à 18 mois sont attendues, les chercheurs ont conclu que ces premiers résultats montrent « l’intérêt d’une offre dématérialisée dans cette population à haut risque, (...) en faveur d’un déploiement à plus grande échelle, dans des conditions qui restent à définir. »