Dépistage de la BPCO en soins primaires

  • Hourmant B & al.
  • Respir Med Res

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Cette étude pilote française a évalué la faisabilité d’un dépistage de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en soins primaires chez des sujets à haut risque, en impliquant différents professionnels de santé : généralistes, pharmaciens, physiothérapeutes, dentistes, infirmières.
  • Elle a permis de repérer une obstruction bronchique par spirométrie chez 22% des participants et d’engager 43% d’entre eux dans un programme de sevrage tabagique, 14% ayant arrêté de fumer à deux mois.
  • Cette étude montre l’intérêt d’une approche multidisciplinaire pour inciter à l’arrêt du tabac et dépister une BPCO chez des sujets à risque. 

 

Alors que la BPCO reste encore largement sous-diagnostiquée, une étude française réalisée en population générale dans le Nord de la France avait rapporté une obstruction des voies respiratoires chez 15% des personnes testées par spirométrie. Un dépistage en soins primaires pourrait être utile pour repérer précocement la pathologie et éviter une prise en charge plus lourde par la suite. Par ailleurs, l’implication de différents professionnels de santé pourrait faciliter l’accès à une population à risque hétérogène. Une équipe universitaire brestoise a voulu tester la faisabilité d’un tel dépistage et dans un second temps évaluer son impact sur l’arrêt du tabac et le parcours de soins des patients.

Méthodologie

Des associations régionales d’infirmières, de physiothérapeutes, de pharmaciens, de dentistes et de généralistes ont été contactées pour participer à l’étude et des volontaires de chaque groupe ont été sélectionnés et formés comme investigateurs de l’étude. Les patients éligibles étaient des fumeurs actifs (>10 paquets-années) de plus de 40 ans identifiés comme étant à haut risque de BPCO. Ceux qui étaient recrutés remplissaient un questionnaire et réalisaient une spirométrie par un moniteur de dépistage COPD6. En fonction des résultats, ils recevaient des conseils de santé concernant l’arrêt du tabac ou étaient orientés vers un pneumologue. Puis les patients étaient recontactés 2 mois plus tard pour évaluer le bénéfice de l’intervention.

Résultats

  • Sur une période de plus d’un an, entre avril 2017 et juillet 2018, les données de 157 patients ont pu être analysées (âge moyen 54 ans, 53% de femmes, consommation tabagique de 31 paquets-années en moyenne). Une obstruction bronchique (FEV1/FEV6 <0,7) a été détectée chez 35 d’entre eux, soit une prévalence de 22% [15,8-28,8], symptomatiques pour la plupart (critère principal de l’étude).
  • La reprise de contact à deux mois suivant l’intervention a montré que 43% des patients [35,5-51,1] (n=68) s’étaient engagés dans un programme de sevrage tabagique et 14% [8,6-19,4] (n=22) avaient cessé de fumer. Les patients inclus par les généralistes et les dentistes avaient plus de chances de cesser de fumer (OR 0,39 [0,2-0,7], p=0,01). Ceux inclus par les dentistes étaient plus jeunes et avaient plus de chances d’avoir arrêté de fumer à 2 mois (OR 0,25 [0,1-0,7], p=0,01).