Dépenses de santé : quelle est la part des médicaments ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) vient de publier son rapport annuel « Les dépenses de santé en 2018 – édition 2019 ». Nous allons nous intéresser à la place des médicaments dans ces dépenses…

En 2018, en France, la consommation de médicaments s’élève à 37,6 milliards d’euros TTC (quasiment stable par rapport à 2017 : 37,8 milliards), dont 32,7 milliards en ambulatoire (y compris rétrocession hospitalière et rémunérations forfaitaires) et 4,9 milliards à l’hôpital.

En 2018, la consommation de médicaments en ambulatoire représente 16,1 % de la consommation de soins et de biens médicaux. Elle se répartit de la façon suivante :

  • 27,2 milliards d’euros (83,1%) de médicaments remboursables vendus en pharmacie (hors rétrocession),
  • 2,7 milliards d’euros pour la rétrocession hospitalière (8,2%),
  • 2,7 milliards pour les médicaments non remboursables (8,1%),
  • 0,2 milliard pour les rémunérations forfaitaires (0,6%).

Le prix des médicaments en ambulatoire a baissé de 3,1 % en 2018, ce qui est essentiellement lié à la baisse du prix des spécialités remboursables qui diminue de 3,7 %. Cependant, le prix des spécialités non remboursables a également légèrement baissé en 2018 (−0,6 %), pour la première fois depuis plusieurs années.

Sur les 32,7 milliards d’euros dépensés pour les médicaments en ambulatoire, les remboursements par l’Assurance maladie s’élèvent à 23,8 milliards d’euros pour les soins de ville + 0,2 milliard d’euros pour les rémunérations forfaitaires versées aux officines. Par ailleurs, l’État prend en charge 0,1 milliard d’euros de dépenses de médicaments au titre de l’aide médicale d’État, et les organismes de base 0,4 milliard d’euros pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C).

L’ensemble des dépenses non prises en charge par l’Assurance maladie (médicaments non remboursables, médicaments remboursables achetés sans prescription et médicaments non présentés au remboursement) s’élève à 3,4 milliards d’euros en 2018. À cela s’ajoutent le ticket modérateur sur les produits remboursables délivrés sur ordonnance et la franchise à la charge du patient, pour un total de 4,8 milliards d’euros. Au final, 8,2 milliards d’euros de consommation de médicaments en ambulatoire restent à la charge des ménages et des organismes complémentaires.

En officine, le chiffre d’affaires des médicaments remboursés à 100 %, prescrits en cas de pathologies lourdes et graves, connaît une très forte hausse en 2018 (+17,7 %, soit 696 millions d’euros). Celle-ci s’explique par l’arrivée en ville de médicaments auparavant réservés à la distribution hospitalière via la rétrocession (anticancéreux par voie orale et nouveaux médicaments dans l’hépatite C). La part de marché de ces spécialités a plus que doublé depuis 2007, passant de 9,1 % en 2007 à 22,5 % en 2018.

En 2018, le nombre d’unités vendues de médicaments génériques en officine est en légère hausse (+1,2 %) avec près de 916 millions de boîtes vendues. Les génériques représentent désormais 37,3 % des boîtes de médicaments du champ remboursable et 80 % des unités vendues pour les médicaments du répertoire générique. Depuis 2017, la progression des génériques semble marquer le pas, après avoir fortement progressé à partir de 2011.