Dépenses de santé 2018 : le virage ambulatoire est amorcé


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – Ministère des solidarités et de la santé) a publié les chiffres des dépenses liées à la consommation de soins et de bien médicaux (CSBM) pour l’année 2018. Celle-ci s’élève à 203,5 milliards d’euros, soit 8,6% du PIB (Produit intérieur brut), et représente 3.037 euros par habitant. Alors que de 2009 à 2016, la croissance de ces dépenses était de 2,1% par an, elle poursuit sa décélération en 2017 (1,7%) et en 2018 (1,5%). 

Soins hospitaliers

Ce ralentissement est essentiellement dû à celui des dépenses en soins hospitaliers, publics et privés, qui représentent près de la moitié de la CSBM (46,4%) et n’augmentent que de 0,8%, contre 1,6% en 2017. Dans le secteur public, ce ralentissement « s’explique principalement par une masse salariale moins dynamique que par le passé. »

Soins de ville

En revanche, la consommation en soins de ville (55 milliards d’euros, soit 27,0% de la CSBM) progresse de 2,9%, contre 2,6% en 2017 et rend compte de la moitié de la progression de la CSBM totale.

  • Les soins des médecins spécialistes (12,4 milliards d’euros) augmentent de 4,2%, principalement du fait d’augmentations de volumes, alors que la part des dépassements continue de diminuer.

  • Ceux des généralistes (10 milliards d’euros) progressent de 3,9%, aussi bien par effet volumes (+1,9%) que prix (+2,0%).

  • Ceux des sages-femmes (moins de 0,4 milliards d’euros) croissent de 7,7%.

  • Les soins infirmiers augmentent de 4,0%, par un effet volumes exclusif.

  • Ceux des masseurs-kinésithérapeutes progressent de 2,7% (effets volumes et prix).

Médicaments, dispositifs médicaux et transports

La consommation de médicaments en ambulatoire (32,7 milliards d’euros – voir « Dépenses de santé : quelle est la part des médicaments ? » sur Univadis ) est stable (-0,2%), conjuguant baisse des prix (3,1%) et expansion des volumes (3,0%). La France compte 270 laboratoires fabricants, 21.000 officines et 7 grossistes-répartiteurs.

Après les médicaments, l’optique est le deuxième poste de dépenses (6,4 milliards d’euros), en progression de 4,6%, sans doute imputable à l’augmentation du remboursement par les complémentaires, elle-même consécutive à la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise initiée en 2016.

La progression des transports sanitaires ralentit à 2,6%, avec une part de plus en plus importante des taxis (46% des trajets, +3% depuis 2013) au détriment des véhicules sanitaires légers (32% des trajets, -2,0%).

Reste à charge (RAC)

Il continue de diminuer, s’établissant à 7,0% contre 7,5% en 2017 et 7,7% en 2016, principalement du fait du vieillissement de la population, qui fait augmenter le nombre des personnes exonérées de ticket modérateur au titre des affections de longue durée. Il représente environ 210 euros par habitant et par an, part la plus faible des pays de l’OCDE (pays économiquement les plus développés). Mais cette moyenne cache de fortes disparités selon le profil des patients.

Ce RAC porte surtout sur l’optique (21,1%), les soins dentaires (20,2%), puis les médicaments (en recul à 12,6%) et les soins de ville (en baisse continue depuis 2009, à 10,5% en 2018). Les pouvoirs publics financent 92,9% des soins hospitaliers, comme en 2009.

Complémentaires

La participation des organismes complémentaires (OC : mutuelles, sociétés d’assurances et institutions de prévoyance) s’est élevée à 13,4% de la CSBM contre 13,1% en 2017. Cette forte intervention des OC est une caractéristique de la France parmi les pays de l’OCDE.

Le financement par l’État et les organismes de base au titre de la CMU-C représente une part très faible de la CSBM (1,5%), mais en augmentation depuis dix ans (1,3% en 2009).