Dénervation rénale : ultrasons versus radiofréquence

  • Fengler K & al.
  • Circulation
  • 20 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Radiosound-HTN est une étude randomisée à trois bras qui a comparé la dénervation par ultrasons à la dénervation par radiofréquence chez des patients présentant une hypertension artérielle (HTA) résistante. La première était utilisée pour l'ablation de l'artère rénale principale seule (RF) ou associée à celle des branches distales (RFB), les ultrasons (US) ayant été utilisés uniquement pour l'ablation de l'artère rénale principale.

Les conclusions de ce travail montrent que si les trois approches offrent une réduction de la pression artérielle à 3 mois, l’échographie endovasculaire permettait d’atteindre une réduction supérieure à celle obtenue par radiofréquence. Par ailleurs, l’ablation des branches distales n’apportait pas de bénéfice supplémentaire. Enfin, le taux de patients répondeurs était similaire entre les groupes, probablement du fait qu’une partie des HTA résistantes ne sont pas corrélées à une hyperactivité sympathique.

L’éditorial accompagnant cet article évoque quelques limites propres au protocole de l’étude (patients hypersélectionnés, présentant notamment un diamètre large des artères rénales, durée d’observation limitée à 3 mois) qui en réduisent la portée. La question de la transposition de ces données en pratique clinique courante n’est, selon lui, pas encore résolue.

Principaux résultats

  • Au total, 120 patients ont été recrutés (âge moyen 64 ans, PAS/PAD moyen 153/86 mmHg) et ont été randomisés entre les trois types d’intervention entre juin 2015 et juin 2018.

  • Trois mois après l’intervention, la diminution de la PAS ambulatoire (critère de jugement principal) était de -9,5 mmHg pour l’ensemble de la cohorte, avec une réduction supérieure pour les sujets du groupe US par rapport à ceux du groupe RF (-13,2 mmHg vs 6,5 mmHg, p=0,038). La différence entre les deux groupes de dénervation par radiofréquence (6,5 mmHg vs 8,3 mmHg pour RFB) et celle observée entre le groupe US et le groupe RFB n’étaient pas statistiquement significatives. Ces conclusions restaient valables après ajustement sur les valeurs de PA à l’inclusion.

  • Les sujets du groupe US et du groupe RF présentaient également des différences significatives concernant la mesure des PAS et PAD moyennes sur 24 heures, tandis que les différences entre les deux groupes traités par radiofréquence n’étaient pas significatives.

  • Une réponse de la PAS ≥5 mmHg a été observée chez 66% des patients traités par RF contre 73% dans le groupes RFB et 67% dans les groupes US (p=0,77). Une réponse ≥20 mmHg de la PAS était respectivement observée chez 8, 14% et 29% d’entre eux (p = 0,039).

Principales limitations

L’étude était monocentrique et ses résultats ont été obtenus chez des patients présentant un diamètre artériel important, ce qui ne permet pas de transposer les données à des artères de plus petits diamètre.