Dénervation pulmonaire dans la BPCO : publications des données AIRFLOW-2


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Lorsqu’elle est associée à un traitement conforme aux recommandations, l a dénervation pulmonaire ciblée par radiofréquence (DPC) permet de réduire la fréquence des symptômes de la BPCO modérée à sévère et celle des hospitalisations liées aux exacerbations, en comparaison des patients suivant uniquement le traitement habituel. Ces résultats, publiés dans l’ American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine , confirment que le geste est simple et sûr à réaliser.

Étant donné les résultats satisfaisants de cette étude, qui n’était cependant pas prévue pour évaluer l’efficacité de la technique, l’étude de phase 3 (AIRFLOW-3) a été lancée récemment.

Précisions sur la procédure

Parce que le système parasympathique joue un rôle important dans la symptomatologie de la BPCO, l’idée d’une dénervation ciblée a émergé il y a quelques années afin d’améliorer le relâchement de la musculature lisse bronchique et de réduire la sécrétion bronchique, effets que les traitements anticholinergiques inhalés ne permettent pas totalement. La procédure de DPC utilise une sonde introduite sous bronchoscopie et permettant une thermoablation par radiofréquence d’environ 50% des nerfs parasympathiques au niv eau des deux troncs pulmonaires souches. Elle est réalisée en moins d’une heure.

Méthodologie

AIRFLOW-2 était une étude multicentrique menée en double aveugle qui a recruté des patients de 40-75 ans atteints de BPCO modérée à sévère symptomatique. Ils étaient randomisés versus une procédure factice. Le traitement médical était optimisé selon les recommandations et maintenu durant toute la période d’évaluation.

Le critère principal d'évaluation était le taux d'événements respiratoires liés à la BPCO (exacerbation, tachypnée, sifflement, aggravation des symptômes, infections respiratoires) dans les 3 à 6,5 mois suivant la procédure. L’insu était maintenue pendant 12,5 mois.

Principaux résultats

  • L’étude a pu inclure et traiter 82 patients (dont 50% de femmes, 63,7 ans en moyenne, VEMS 41,6%).
  • Globalement, la mise en place et le retrait du dispositif a été réalisée sans difficulté chez tous les patients, et la thermoablation a été réalisée avec succès chez 90% d’entre eux.
  • Durant les 3 à 6,5 mois post-procédure, le critère principal d’évaluation concernait 32% des sujets ayant bénéficié de la DPC contre 71% dans le second groupe (odds ratio 0,19 [0,0750-0,4923], p=0,0006), puis 83% contre 90% des patients puis après 12,5 mois de suivi global, respectivement (p=0,52).
  • Le délai avant exacerbation nécessitant une hospitalisation était inférieur dans le groupe ayant bénéficié de la DPC ( hazard ratio 0,35 [0,13-0,99], p=0,039). Au total, 12% d’entre eux ont nécessité une hospitalisation pour exacerbation, contre 32% dans le second bras de l’étude.  Une tendance à l’amélioration de la fonction pulmonaire a également été observée chez les patients traités.

Principales limitations

L'effectif recruté et la durée de suivi étaient limités. L'étude de phase 3 devrait permettre de pallier ces limitations.

Financement

L'étude a été sponsorisée par Nuvaira.