Démographie médicale : confirmation des tendances lourdes


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) publie un état des lieux de la démographie médicale française. Fondé sur les chiffres, encore provisoires, du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), il est quelque peu différent de celui publié annuellement par le CNOM (Conseil national de l’Ordre des médecins) : ce dernier exclut de son bilan les médecins remplaçants (5,7% des praticiens n’exercent que selon cette modalité) et ceux cumulant emploi et retraites, catégories ayant fortement progressé ces dernières années. Il relativise également les questions d’accès aux soins.

Au 1 er janvier 2018, la France comptabilisait 226.000 médecins en activité, dont 45% de médecins généralistes et 44% exerçant à l’hôpital au moins à temps partiel. Parmi eux, 57% sont des libéraux (50% des spécialistes hors médecine générale et 66% des généralistes), 46% travaillent exclusivement en libéral et 12% en exercice mixte (salarié et libéral).

Depuis 2012, le nombre total de médecins a augmenté de 4,5%, essentiellement du fait de la progression du nombre de spécialistes hors médecine générale (7,8% d’augmentation), alors que le nombre de généralistes a stagné (+ 0,7%). Rappelons que pour le CNOM, il a diminué. Le nombre des libéraux est resté stable (+ 0,04%), alors que celui des salariés a fortement augmenté (+ 11,1%).

La population médicale est âgée : 47% ont plus de 55 ans (contre 18% des cadres et professions intellectuelles supérieures) et 30% au moins 60 ans. Elle se féminise également : les femmes représentent 46% des praticiens, mais 59% des 8.600 nouveaux médecins inscrits à l’Ordre en 2017 (dont 63% sont salariés).

En 2016, 98% de la population avait accès à un généraliste en moins de dix minutes et seulement moins de 0,01% de la population (soit 52.000 personnes) n’y avait accès qu’en 20 minutes au moins. Ces données sont similaires à celles observées pour les principaux services de la vie courante.

Autre constat intéressant, basé sur l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (tenant compte de la disponibilité de l’offre médicale, des besoins de soins de la population et de ses déplacements), les disparités territoriales sont relativement faibles : les 10% des personnes les mieux loties ont une accessibilité égale à 5,7 consultations par an et par habitant, alors que les 10% les moins favorisées ont accès à 2,7 consultations par an et par habitant. « Cela place les généralistes au même niveau que les pharmacies dont l’installation est pourtant régulée », précise le rapport. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problèmes d’accessibilité géographique aux soins, mais ils sont concentrés dans les communes rurales périphériques des grands pôles urbains et dans les communes hors influence de ces pôles. De plus, un quart de la population habitant une commune sous-dense en généralistes habite dans un pôle urbain, dont près de 18% dans l’unité urbaine de Paris.

Enfin, dernier enseignement de ce travail, « les personnes âgées de 70 ans ou plus ne sont pas moins bien loties que les autres. Leur accessibilité moyenne est la même que celle des patients plus jeunes. » Cela n’exclut évidemment pas des problèmes à l’échelon local.