Démence et perte d’audition : face au patient âgé

  • Harris MS & al.
  • JAMA Otolaryngol Head Neck Surg
  • 3 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Le vieillissement de la population occidentale est d’ores et déjà associé à un accroissement du nombre de personnes souffrant de perte d’audition/surdité, tout comme celui du nombre de personnes présentant des troubles cognitifs. Existe-t-il un lien entre les deux? Trois spécialistes publient une courte synthèse sur le sujet mettant en exergue ses conséquences pratiques dans le JAMA Otolaryngology – Head & Neck Surgery .

Principales données de la littérature

L’étude épidémiologique américaine Health ABC parue en 2013 a démontré qu’après un suivi de 9 ans, des sujets initialement âgés de 70 à 79 ans présentaient un risque de démence accru de 55% lorsqu’ils souffraient d’une perte d’audition. Ce risque était proportionnel à la sévérité de la perte d’audition.

Plus récemment, une revue systématique et méta-analyse a rassemblé 36 études et a permis de décrire une association entre la perte d’audition et plusieurs domaines cognitifs (entre 7 et 10 domaines selon le type d’études) ainsi qu’une petite association, toutefois significative entre la perte d’audition et l’existence de troubles cognitifs légers ou de démence.

Un mécanisme encore mal compris...

Quatre mécanismes pourraient expliquer l’association entre les deux paramètres, mais aucun n’est pour l’heure confirmé. Les plus probables sont, d’une part, l’existence d’un mécanisme sous-jacent commun, et d’autre part, l’augmentation de la mobilisation des ressources cognitives liée à la perte d’audition, qui en limiterait l’utilisation pour d'autres tâches cognitives. L’hypothèse d’une réorganisation cérébrale et/ou d’un isolement social liée à la perte d’audition et favorisant le déclin cognitif est contrastée. Enfin, l’impact du déclin cognitif sur la réduction de la perception auditive semble la moins probable.

... auquel les études interventionnelles ne répondent pas

Les études ayant cherché à évaluer si des prothèses auditives ou des implants cochléaires permettent de modifier l’apparition ou l’évolution du déclin cognitif sont peu nombreuses, de qualité limitée ou sont insuffisantes pour répondre à cette question.

Quoi qu’il en soit, la prise en charge de la perte d’audition est importante en pratique clinique, sur le plan de la qualité de vie et du maintien de l’autonomie, même s’il n’est pas possible pour l’heure d’affirmer aux familles que cet appareillage/intervention puisse constituer un traitement des troubles cognitifs.