Demain, tous vos patients MICI seront suivis par télémédecine !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) nécessitent un suivi régulier et personnalisé, ce qui constitue un véritable défi dans un cadre traditionnel de prise en charge au regard de la complexité et de l’incidence croissante de la maladie. Une étude vient de comparer une expérience d’auto-surveillance par télémédecine, développée pour tous les sous-types de MICI, par rapport aux soins standards, sur le développement de la maladie, l’utilisation des soins de santé et la qualité des soins apportés aux patients.

Méthodologie

  • Étude pragmatique, randomisée menée au sein de quatre hôpitaux aux Pays-Bas.
  • Les patients inclus étaient des hommes et des femmes âgés de 18 à 75 ans, souffrant de maladie inflammatoire des intestins, sans anastomose iléoanale ou iléorectale, traités en ambulatoire et qui avaient accès à Internet.
  • Les patients ont été randomisés (1:1) pour être traités durant 12 mois, soit dans un groupe pris en charge par un système de télémédecine (système myIBDcoach) qui enregistrait et suivait l’activité de la maladie, soit dans un groupe traité par des soins standards.
  • Le système de télémédecine utilisé consistait en une application accessible sur un ordinateur, une tablette, un smartphone. Le patient devait répondre mensuellement à des questions concernant l’activité de la MICI, l’utilisation des traitements médicamenteux, l’observance aux traitements, sa satisfaction vis-à-vis des traitements et les effets indésirables, dont les infections. Le patient devait également renseigner certains symptômes en lien avec la MICI ainsi que ceux spécifiques aux poussées inflammatoires. Le personnel soignant hospitalier en charge de ces sujets surveillait deux fois par jour la survenue d’une alerte (sauf le week-end). En cas d’alerte, l’équipe locale de soins contactait le patient et une consultation externe était organisée si nécessaire.
  • Le critère principal d’évaluation était le nombre de consultations externes réalisées et la qualité des soins (rapportée par les patients sur une échelle visuelle analogique de 0-10).
  • La tolérance a été évaluée à travers le nombre de poussées, d’admissions hospitalières, de visites aux urgences et d’interventions chirurgicales, ainsi que par la quantité de corticoïdes utilisées.

Résultats

  • Entre septembre 2014 et mai 2015, 909 patients ont été randomisés, 465 dans le groupe télémédecine et 444 dans le groupe traitements standards.
  • À l’inclusion, les caractéristiques des patients étaient similaires dans les deux groupes et représentatives des MICI de la population générale, à la fois en ce qui concerne le profil et l’activité de la maladie.
  • À 12 mois, 94% des patients continuaient d’utiliser le système de télémédecine et 99,8% les soins standards.
  • À 12 mois, le nombre total de consultations externes auprès d’un gastro-entérologue ou d’une infirmière était significativement plus faible dans le groupe télémédecine (1,55±1,50) que dans le groupe traitements standards (2,34±1,64), soit une différence de -0,79 [IC95% : -0,98 à -0,59], p vs 0,10±0,43, soit une différence de -0,05 [-0,10 à 0,00], p=0,046 en faveur de la télémédecine.
  • Les deux groupes ont rapporté des scores élevés concernant l’évaluation de la qualité des soins en fin de suivi (8,16±1,37 sur 10 dans le groupe télémédecine vs 8,27±1,28 dans le groupe traitement standard, soit une différence de 0,10 [-0,13 à 0,32], p=0,411).
  • Le nombre moyen de poussées, le recours aux corticoïdes, le nombre de visites aux urgences et le nombre d’interventions chirurgicales n’étaient pas différents entre les deux groupes.

Limitations

  • Les patients et les professionnels de santé avaient connaissance des groupes d’assignation.
  • Étude de courte durée.

Financements

Maastricht University Medical Centre and Ferring.

À retenir

Cette expérience de suivi des MICI par télémédecine a permis de réduire de manière sécure le nombre de consultations externes et d’admissions hospitalières par rapport aux soins standards. Cet outil d’auto-surveillance pourrait contribuer à la réorganisation des soins liés aux maladies inflammatoires des intestins tout en favorisant une approche personnalisée et des soins de qualité.