Définition de critères diagnostiques pour les infarctus médullaires spontanés

  • Zalewski NL & al.
  • JAMA Neurol
  • 24 sept. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’analyse descriptive d’une large série de cas d’infarctus médullaire spontanés (IMS) a permis de définir des critères diagnostiques cliniques et d’imagerie afin de mieux repérer ce type d’événement. Sur le plan clinique, l’apparition rapide d’un déficit neurologique sévère (en moins de 12h) constitue le critère le plus discriminant car une dégradation plus lente est plutôt en faveur d’autres étiologies de myélopathie. L’IRM permet d’exclure une compression médullaire et certains signaux caractéristiques, comme des signaux hyper-intenses d’aspect en « œil de hibou » ou en crayon sur les vues sagittales en T2, peuvent orienter vers un IMS même s’ils ne sont pas spécifiques. Ces critères diagnostiques ont pu être confirmés au sein d’une cohorte de validation de 280 sujets.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

L’apparition d’un infarctus médullaire est moins brutale que celle de l’infarctus cérébral et le diagnostic différentiel en imagerie moins aisé. Aussi, en l’absence de facteurs étiologiques évidents (traumatisme, chirurgie), les erreurs de diagnostic sont fréquentes, et le manque de critère ne facilite pas le diagnostic différentiel avec la myélite transverse aiguë. Une équipe américaine a procédé à l’analyse descriptivede cas d’IMS identifié à la Mayo Clinicde façon à établir des critères diagnostiques.

Méthodologie

Les cas d’IMS diagnostiqués à la clinique Mayo entre 1977 et 2017 ont été analysés et décrits de façon à mieux définir les critères diagnostiques cliniques, biologiques et d’imagerie de l’IMS. Les IMS possiblement associés à une procédure chirurgicale étaient exclus.

Résultats

  • L’étude a inclus 133 patients adultes ayant reçu un diagnostic d’infarctus médullaire spontané. Parmi les participants, 53% étaient des femmes et la plupart était de type caucasien. L’âge médian à l’inclusion était de 60 ans. 
  • Le déficit neurologique était intervenu rapidement (nadir atteint dans les 12h) chez 77% des patients. Une perte sensorielle était présente chez 95% d’entre eux, avec une altération de la sensibilité à la douleur et à la température dans 39% des cas. Douleurs du dos ou des membres faisaient partie des symptômes initiaux dans 72% des cas.
  • Enfin, 76% des sujets présentaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire. 
  • Une survenue rapide, définie par le délai d’apparition du déficit neurologique (et non de la douleur) dans les 12h représentait la modalité d’apparition la plus fréquente (77% des patients).
  • En IRM, les images de la moelle épinière étaient normales chez 24% des patients, suggérant la nécessité d’une IRM de confirmation dans les jours qui suivent en cas de résultat négatif. Mais un signal caractéristique, hyper-intense en T2 prenant un aspect en « œil de hibou » (65% des cas) en coupe sagittale, associé à des signaux hyper-intenses en crayon dans la partie antérieure (40%), était fréquemment relevé.
  • Par ailleurs, une réduction du coefficient de diffusion apparent (ADC), une occlusion ou une dissection adjacente, et un infarctus du corps vertébral ont été relevés dans 67%, 20% et 9% des cas respectivement. Aucun signe d’inflammation du liquide cérébro-spinal n’était présent pour 92% des patients.
  • Suite à ces observations, une cohorte de validation de 280 sujets a permis de valider l’utilité de ces critères dans le diagnostic IMS.

Limites

Ces résultats proviennent d’une analyse rétrospective des données. Par ailleurs, les critères diagnostiques identifiés pour l’IMS n’ont pu être comparés en l’absence de critères diagnostiques standards.