Déconfinement & COVID-19 : Quoi de neuf au 30 avril 2020 ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le plan de sortie du confinement a été présenté ce mardi 28 avril devant l’Assemblée nationale par le Premier Ministre, qui a fait remarquer que rien ne l’obligeait à l’exposer dans ce lieu ni à le mettre au vote. Il a d’ailleurs précisé que les textes de mise en œuvre ne seraient pas législatifs, mais réglementaires, sauf certains, dont ceux sur le traçage numérique (le projet n’est pas finalisé) et sur les limitations de déplacements entre régions et départements (la loi d’urgence sanitaire du 23 mars cessant de prendre effet le 31 mai).

Il n’a pas caché que le déconfinement était « redouté et risqué » et que les décisions gouvernementales se faisaient pour beaucoup dans un contexte de grande incertitude, raillant au passage « les commentateurs qui ont une assurance parfaitement claire de ce qu’il aurait fallu faire. » Il faut en effet avancer sur « une ligne de crête délicate » entre le risque infectieux et celui d’un « écroulement » économique et social lié au confinement. Pour l’heure, le Gouvernement estime manifestement que le premier reste prioritaire puisqu’il suit la plupart des recommandations de son Conseil scientifique, dont le président est un médecin et dont les avis sont largement inspirés par des considérations médicales.

Pour celles-ci, le gouvernement ne choisit pas entre la poire et le fromage : le déconfinement se fera à la fois en suivant une logique géographique et en ciblant les personnes vulnérables, dont celles de plus de 65 ans. Il sera progressif, avec trois objectifs médicaux : protéger, tester, isoler. En revanche, la réouverture progressive des crèches et établissements scolaires a un objectif affiché d’éviter les pertes de chance pour les élèves. Mais aussi de permettre à un maximum de gens de reprendre le travail, comme par exemple les mesures « ardues à prendre » sur les transports.

Le Premier Ministre a affirmé que les moyens logistiques (tests, lieux de confinement, etc) seraient au rendez-vous du 11 mai. Tout en insistant sur le maintien des mesures barrières (lavage des mains, distance physique, etc), il s’est longuement étendu sur la question des masques, qui fait le buzz médiatique. Ils seront d’abord réservés aux soignants hospitaliers.

Il a rendu un hommage appuyé aux professionnels de santé de ville, en les assurant du soutien gouvernemental. 

Il faut enfin remarquer qu’il a misé sur la confiance des citoyens, sans pour autant reprendre à son compte la proposition de son Conseil scientifique d’un « comité de liaison sociétale » afin « d’associer la société civile » à la mise en œuvre du plan de déconfinement. Il est vrai qu’il a déclaré vouloir soutenir largement les initiatives locales, notamment celles des maires et des régions. Exercice difficile là aussi, entre la définition d’un cadre national à la fois ferme et souple et la nécessité de tenir compte des particularités locales. La caractérisation des départements en “rouges” et “verts” est une première approche.