Déclin de la fonction rénale : quand le poids s’en mêle…

  • Chang AR & al.
  • BMJ
  • 10 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Univadis Résumés Cliniques
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À retenir 

Les résultats d’une méta-analyse suggèrent que l’augmentation de l’IMC, du tour de taille et du ratio tour de taille/taille seraient des facteurs de risque indépendants du déclin du débit de filtration glomérulaire et du décès chez les individus ayant un débit de filtration glomérulaire (DFG) normal ou réduit. Des résultats qui présupposent que l'augmentation de la prévalence de l'obésité à travers le monde conduira à des risques accrus de maladie rénale chronique et terminale.

L’évaluation porte sur plus de 5,4 millions d’adultes issus de 39 cohortes. Au total, sur un suivi moyen de huit ans, 782.329 (14,7%) individus sont décédés et 246.607 (5,6%) ont eu une diminution du DFG (déclin du DFG estimé ≥40%, ou DFG estimé 2) dont 0,4% jusqu’à un stade de maladie rénale terminale.

Quid du déclin du DFG en fonction de l’IMC ?

  • Un IMC >25 kg/ma été associé à une augmentation du risque de déclin du DFG dans la population générale, alors qu’aucune association entre les deux n’a été mise en évidence pour les IMC
  • Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique et le tabagisme, le déclin du DFG était augmenté de 18% pour un IMC à 30 kg/m2, de 69% pour un IMC à 35 et 102% pour un IMC à 40. 
  • Bien que l’association entre augmentation de l’IMC et risque de déclin du DFG était qualitativement similaire dans les sous-groupes (âge, sexe, origine ethnique, hypertension, diabète), l’amplitude du risque s’est révélée plus faible chez les diabétiques et plus élevée chez les sujets d’origine asiatique. L’association entre IMC élevé et déclin du DFG était également moins forte chez les cohortes de sujets ayant un haut risque cardiovasculaire ou une maladie rénale chronique que dans la population générale. Les auteurs indiquent que l'unique mesure de l'IMC à l'inclusion a pu induire des biais sur ces résultats.
  • L’association entre l’IMC et la mortalité suivait une courbe en J, les risques les plus faibles correspondant à un IMC entre 25 et 30.

Apport du tour de taille ou du ratio tour de taille/taille

  • Pour la population générale l'association entre le tour de taille ou le ratio tour de taille/taille et le déclin du DFG était presque linéaire. Chez les sujets à haut risque cardiovasculaire, ou présentant une maladie rénale chronique, les résultats avec le tour de taille ou le ratio tour de taille/taille étaient similaires vis-à-vis du déclin du DFG qu'avec l'IMC.
  • En revanche, contrairement à l’IMC, il n’a pas été possible de mettre en évidence un tour de taille ou un ratio tour de taille/taille associé à un moindre risque de mortalité. 

En quoi cette étude est intéressante ?

L’association entre obésité et la diminution de la fonction rénale avait déjà été explorée par plusieurs études, avec des conclusions parfois contradictoires. Les précédentes méta-analyses portant sur le sujet avaient pour limites de ne pas s’appuyer sur un nombre important de données individuelles et n’incluaient pas les mesures de l’adiposité abdominale. 

Méthodologie

Cette méta-analyse a été menée à partir de données individuelles collectées entre 1970 et 2017 et issues de cohortes de plus de 40 pays. Au total, 5,4 millions d’adultes issus de la population générale (39 cohortes) ont été inclus. Pour 594.496 d’entre eux, les données de circonférence à la taille étaient disponibles (21 cohortes), 84.417 personnes avaient un risque cardiovasculaire important (6 cohortes) et 91.607 souffraient de maladie rénale chronique (18 cohortes).