DECLARE-TIMI 58 : quelle est la sécurité cardiovasculaire de la dapagliflozine ?

  • Wiviott SD & al.
  • N Engl J Med
  • 24 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les données de l’étude DECLARE-TIMI 58 évaluant l’effet de la dapagliflozine (Forxiga®) sur la survenue d’évènements cardiovasculaires et rénaux ont été présentés au congrès de l’American Heart Association en novembre dernier. Ils viennent tout juste d’être publiés dans le New England Journal of Médecine et complètent les données déjà disponibles sur cette classe.

Impact en pratique

Cette étude de large envergure montre la sécurité cardiovasculaire de la dapagliflozine, et son bénéfice sur les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. En revanche, contrairement à l’étude EMPA-REG OUTCOME, évaluant l’empagliflozine, la dapagliflozine elle n’a pas montré de bénéfice spécifiquement sur la mortalité cardiovasculaire ou toutes causes confondues.

Que sait-on déjà sur le sujet ?

Les inhibiteurs du co-transporteur sodium/glucose de type 2 (inhibiteurs du SGLT2) toujours pas disponibles en France, le sont en revanche dans bon nombre de pays, notamment aux États-Unis. Certains inhibiteurs du SGLT2 ont déjà montré leurs effets favorables sur la sphère cardiovasculaire, notamment par la réduction du risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque et le recul du déclin de la fonction rénale. 

Qu’apporte cette étude ?

Au total, 17.160 patients ont été inclus dans l’étude DECLARE-TIMI-58, une étude de phase 3 menée chez des sujets diabétiques de type 2 présentant un risque (59,4% de la cohorte) ou un diagnostic (40,6%) de maladie athéroscléreuse. Les sujets ont été randomisés pour recevoir de la dapagliflozine ou un placebo, et suivis durant 4,2 années. Les résultats ont montré que :

  • Durant le traitement, les patients sous dapagliflozine ont eu une diminution moyenne de l’HbA1c de 0,42%, une réduction de 2,7 mmHg de la PAS, de 0,7 mmHg de la PAD et de 1,8 kg du poids par rapport au groupe placebo. 
  • Si le taux d’événements cardiovasculaires majeurs (ou MACE pour Major Adverse Cardiovascular Events, comprenant le décès d’origine cardiovasculaire, l’insuffisance cardiaque et l’AVC ischémique) n’était pas significativement différent sous dapagliflozine versus placebo, en revanche la non-infériorité sur ce critère composite principal d’évaluation a bien été atteinte avec une limite supérieure haute de l’intervalle de confiance de 1,3, p
  • Le critère composite de mortalité d’origine cardiovasculaire et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque était moins élevé sous dapagliflozine que sous placebo (4,9% versus 5,8%, soit un hazard ratio de 0,83 [0,73-0,95], p=0,005). Ce résultat était exclusivement lié à la diminution de 27% du risque d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque, car le taux de décès d’origine cardiovasculaire, lui, n’était pas significativement différent sous dapagliflozine versus le placebo.
  • D’autres bénéfices ont été mis en évidence par cette étude, notamment une diminution du taux d’évènements rénaux de 24%.
  • La mortalité toutes causes confondues n’était pas non plus différente entre les deux groupes.
  • Du côté des effets indésirables, les taux d’acidocétose diabétique étaient plus élevés sous dapagliflozine que sous placebo (0,3% versus 0,1%, p=0,02), ainsi que les infections génitales conduisant à l’arrêt du traitement ou pouvant être considérées comme des évènements indésirables graves (0,9% versus 0,1%, p

Financement

Étude financée par AstraZeneca et Bristol-Myers Squibb.