Début de l’activité sexuelle, infection orale par le HPV et vaccination des adolescentes

  • Schlecht NF & al.
  • JAMA Netw Open
  • 2 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude américaine menée auprès d’adolescentes sexuellement actives, 6,2% d’entre elles auraient un portage oral des papillomavirus (HPV, quel qu’en soit le type) mais ce portage ne semble pas lié au modèle admis de transmission sexuelle. Il serait plus volontiers lié à une autoinfection depuis la région génitale. De plus, le portage tend à diminuer avec l’avancée en âge. Par ailleurs, il n’y avait pas ici d’association entre la détection de HPV au niveau oral et le nombre de partenaires dans des activités sexuelles vaginales ou orales. Enfin, cette étude met en lumière que ce portage oral était réduit chez celles qui avaient reçu au moins une injection de vaccin quadrivalent.

Les hommes seraient-ils plus vulnérables ?

Cette étude a été menée auprès d’une cohorte d’adolescentes sexuellement actives reçues dans un centre de santé new-yorkais proposant des soins et une vaccination gratuite entre octobre 2007 et mars 2017. Elles ont fait l’objet de questionnaires sur leur vie sexuelle et ont été suivies tous les 6 mois jusqu'à l'âge de 25 ans, avec prélèvement d'échantillons oraux, cervicaux et anaux.

Si la principale limitation de ce travail repose sur son caractère monocentrique, ces données sont robustes et soulignées comme telles par l’éditorial accompagnant l’article. Elle met notamment en évidence le portage précoce du HPV oral peu après le début de la vie sexuelle des jeunes femmes, la clairance progressive de ces virus, et la capacité à réduire le portage par la vaccination. Elle questionne aussi concernant les risques relatifs de cancer oropharyngés liés au virus par rapport aux hommes, étant donné la très forte prédominance masculine de la maladie. La question est de savoir si les hommes ont un plus grand risque d’être infectés ou ont une capacité moindre à éliminer naturellement l'infection. De nouvelles études sur le sujet seraient précieuses.

Synthèse des principaux résultats

Au total, 1.259 participantes ont été regroupées dans cette étude (dont 50,7% d’origine afroaméricaine, 45,2% d’origine hispanique). L'âge médian lors de l’inclusion était 18 ans, sachant que l’âge médian lors de la première activité sexuelle était de 14,8 ans (50% avaient eu une première activité avant 16 ans). Au moment de l’inclusion, 69,7% avaient eu au moins trois partenaires sexuels et 92,2% déclaraient avoir eu des relations sexuelles orales. Enfin, 15,3% n'avaient pas reçu de vaccin anti-HPV quadrivalent.

Un portage oral d’HPV a été mis en évidence pour 6,2% d’entre elles, dont des HPV oncogènes chez 1,7% et l’un des quatre types vaccinaux (HPV-6, -11, -16 et -18) chez 0,2% de la cohorte. La prévalence d’HPV oral était maximale à 16 ans (10,5% pour tous les types 3,9% pour les HPV oncogènes) puis diminuait progressivement ensuite. Dans 88% des cas, la clairance du HPV oral était obtenue dans les 12 mois hormis 2 participantes infectées par HPV-6/-11 et par HPV-16 respectivement.

Après ajustement sur l'âge, aucune association significative n’a été identifiée concernant le portage HPV et le fait d’avoir eu ou non une activité sexuelle orale. En revanche, le portage oral diminuait avec le nombre d'années écoulées depuis la première activité sexuelle ( odds ratio 0,45 pour celles dont le premier rapport datait de plus de 4 ans versus moins de 1 an [0,21-0,96], p=0,03). Le portage cervical du HPV lors de la même visite était le facteur le plus fortement associé au portage buccal.

La prévalence des types vaccinaux d’HPV était significativement plus faible chez les jeunes ayant reçu au moins une dose, une fois les données ajustées sur l'âge et le nombre d'années écoulées depuis la première activité sexuelle (odds ratio 0,17 [0,04-0,68]).