De premiers résultats positifs pour la stimulation magnétique transcrânienne dans les douleurs pelviennes réfractaires liées à l’endométriose

  • Pinot-Monange A & al.
  • J Clin Med
  • 13 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon les résultats d’un essai pilote Clermontois, la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) paraît bien tolérée et pourrait être utilisée chez les patientes souffrant d’endométriose et de douleurs pelviennes chroniques résistantes aux traitements. L’intensité de la douleur a pu être réduite de 1 point (20%, modeste) sur le Brief Pain Inventory (BPI) et l’impact de la douleur sur la qualité de vie améliorée de 2 points selon le Quality of life questionnaire. Une grande majorité des patientes ont rapporté une amélioration importante de leur qualité de vie sur le Patient Global Impression of Change (PGIC). Ces résultats devront être confirmés par des essais contrôlés randomisés avant de pouvoir être utilisés en pratique clinique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Chez les femmes souffrant d’endométriose, les douleurs pelviennes constituent un symptôme de premier plan. Parfois résistante aux traitements hormonaux ou chirurgicaux classiques, la douleur chronique constitue une difficulté majeure de la prise en charge de cette pathologie, avec les risques d’abus d’antalgiques et de perte de qualité de vie qui lui sont associés. Des stimulations magnétiques transcrâniennes répétées ont apporté la preuve de leur efficacité dans différents types de douleur, mais la SMT a été encore peu évaluée dans les douleurs viscérales chroniques. Une équipe du département de chirurgie gynécologique de Clermont Ferrand a donc souhaité évaluer l’intérêt de cette technique pour améliorer les douleurs ainsi que la qualité de vie des patientes.

Méthodologie

Cet essai pilote réalisé en ouvert a inclus des femmes atteintes d’endométriose et souffrant de douleurs pelviennes chroniques résistantes aux traitements pour recevoir une SMT du cortex primaire moteur (M1) à raison d’une session de 1.500 pulsations à 10Hz par jour durant 5 jours.

La tolérance mesurée par le pourcentage de patientes ayant suivi les 5 sessions de SMT sans effet indésirables graves ni augmentation des douleurs à 8 jours par comparaison aux 4 semaines précédentes, constituait le critère principal d’évaluation. 

Résultats 

  • Les données de 12 femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques depuis 9 ans en moyenne ont pu être analysées. 91,7% d’entre elles déclaraient un état dépressif à l’inclusion.
  • Toutes ont pu suivre les 5 séances de SMT sans qu’aucun effet indésirable grave, ni augmentation de douleurs n’ait été enregistré. Seules des céphalées légères et une fatigue ont été rapportées par respectivement 50% et 25% des patientes.
  • Concernant l’efficacité sur la douleur, une réduction de la douleur de 10% a été ressentie pour 5 patientes sur l’échelle visuelle analogique (EVA) à 8 jours, cette réduction allant même jusqu’à 30% pour 4 d’entre elles. L’intensité de la douleur mesurée sur le BPI (5,1 ±1,4 vs 4,1 ±1,6, p=0,01), ainsi que l’impact sur la qualité de vie globale (Quality of life questionnaire, 6,2 ±2,1 vs 4,2 ±1,5, p=0,004) ont été améliorés par rapport à la période pré-traitement. Et ce bénéfice était maintenu à 4 semaines après le traitement.
  • La qualité de vie de ces patientes mesurée sur le PGIC a aussi été améliorée pour une majorité d’entre elles (9/12). Mais aucun changement n’a été enregistré par l’inventaire d’anxiété état-trait (State-Trait AnxietyInventory, STAI).

Limitations

Absence de groupe contrôle et taille de l’échantillon limitée.