De nouvelles recommandations pour le dépistage des infections à Chlamydia trachomatis


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les dernières recommandations sur le dépistage des infections à Chlamydia trachomatis (Ct) dataient de 2003. La DGS (Direction générale de la santé) a demandé à la HAS de les actualiser, au vu des nouvelles données épidémiologiques de l’affection et des questions entourant l’effectivité des stratégies préconisées. Ainsi en 2016, 276.097 infections à Ct ont été diagnostiquées, soit trois fois plus qu’en 2012. Mais la proportion de cas asymptomatiques est passée de 58% en 2013 à 46% en 2015. Pour la HAS, cette diminution « pourrait suggérer une baisse de l’activité de dépistage. »

L’agencea HAS souligne l’importance du dépistage, « élément clef de la réduction de la prévalence de l’infection dans la population et du risque de complications à long terme chez les femmes » (atteinte inflammatoire pelvienne, salpingite, grossesse extra-utérine, stérilité, lymphogranulomatose vénérienne – qui est passée de 184 cas en 2010 à 481 en 2015 –, anorectites à Ct). Elle rappelle que la prévalence des infections à Ct avait été estimée à 3,6% chez les femmes âgées de 18 à 25 ans en 2006.

Elle recommande un dépistage systématique des femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, y compris des femmes enceintes, ainsi qu’un dépistage opportuniste ciblé des hommes sexuellement actifs ayant des facteurs de risque, quel que soit leur âge, des femmes sexuellement actives de plus de 25 ans ayant des facteurs de risques et des femmes enceintes consultant pour une IVG, quel que soit leur âge. Les facteurs de risque sont le multipartenariat (au moins deux partenaires dans l’année), un changement récent de partenaire, un diagnostic récent d’IST chez le(la) patient(e), des antécédents d’IST, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les personnes en situation de prostitution ou ayant subi un viol.

L’Agence préconise une extension des lieux de dépistage aux cabinets de médecine générale, de gynécologie et de sages-femmes, assortie d’une formation adéquate. L’autoprélèvement est une alternative valable au prélèvement par un professionnel de santé. Chez la femme, il convient de préférer le prélèvement vaginal au prélèvement urinaire.

Les tests de dépistage recommandés restent les tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN) marqués CE, y compris le duplex Ct/NG pour le dépistage de la co-infection à Neisseria gonorrhoeae , fréquente. Les tests de diagnostic rapide ne sont pas recommandés en raison de leurs faibles performances, notamment en termes de sensibilité.

Le dépistage doit être répété annuellement en cas de test négatif et de rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire. En cas de test positif, le dépistage doit être répété à 3-6 mois et tous les 3 mois pour les HSH.

Enfin, l’Agence souligne que « la mise en œuvre et l’adhésion au dépistage des infections uro-génitales basses à Ct, tel que recommandé, dépendent fortement de la pérennité d’un financement spécifique au dépistage de l’infection à Ct dans les CeGIDD ( Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) et les CPEF (centres de planification et d’éducation familiale) impliqués dans la lutte contre les IST . » Pour ces centres, l’absence de ce financement est le principal frein au dépistage.