De nombreux patients souffrant de spondyloarthrite seraient porteurs d’une MICI

  • Fauny M & al.
  • J Crohns Colitis
  • 20 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une revue systématique de la littérature franco-italienne ayant évalué plus de 600 patients vient de mettre en évidence qu’une augmentation des taux de calprotectine fécale chez les patients atteints de spondylarthrite (SpA) ou de spondylarthrite ankylosante (SA) pourrait être prédictive du développement d’une maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI). En effet, une atteinte inflammatoire histologique de la muqueuse intestinale a été retrouvée chez 41,7% à 100% des patients ayant une atteintes rhumatologique et des taux élevés de calprotectine fécale. D’autres études sont maintenant nécessaires pour mieux définir un seuil de calprotectine fécale prédictif d’une atteinte intestinale. Ce test non invasif pourrait ainsi venir renforcer une suspicion de maladie inflammatoire chronique des intestins (MICI) avant l’orientation vers un gastroentérologue.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

De nombreuses études ont montré qu’une inflammation endoscopique ou histologique intestinale était fréquemment retrouvée chez les patients souffrant de spondyloarthrite (SpA), ou de spondylarthrite ankylosante (SA), laissant supposer le développement silencieux ou non d’une MICI chez ces sujets.

Principaux résultats

Au total, sept études observationnelles pertinentes incluant des patients souffrant de SpA ou SA et ayant eu une mesure de calprotectine ont été retenues, dont 6 études prospectives (n=875 patients, 238 souffrant de SpA, 453 de SA et 184 contrôles). La mesure de la calprotectine avait été réalisée par test ELISA dans six études, et par méthode semi-quantitative dans la dernière. Dans toutes les études incluses, 21,2% à 70,7% des patients souffrant de SpA ou SA avaient des taux élevés de calprotectine fécale. Une corrélation a été mise en évidence entre les taux élevés de calprotectine fécale et la présence d’une inflammation macroscopique ou histologique de la muqueuse intestinale. En effet, dans six études, 11% à 80% des patients qui avaient des taux élevés de calprotectine présentaient également une inflammation macroscopique de la muqueuse intestinale ; et dans quatre études, 41,7% à 100% de ces mêmes patients avaient une atteinte microscopique de la muqueuse. En revanche, si l’association entre les taux de calprotectine fécale et les symptômes gastro-intestinaux ont été évalués dans cinq études, aucune corrélation n’a été mise en évidence entre ces critères. Dans deux études, le seuil de 266 mg/kg de calprotectine fécale a été définie comme permettant de prédire le développement d’une maladie de Crohn avec une sensibilité de 100% et une spécificité de 78,7%. D’autres études ont fixé d’autres seuils prédictifs du développement d’une maladie de Crohn. Dans trois études, les taux de calprotectine fécale ont été positivement et significativement corrélés aux valeurs de protéine C réactive. En revanche, aucune corrélation entre les taux de calprotectine fécale et les scores d’activité de la SA n’a pas été retrouvée dans toutes les études. Enfin, cinq études ont évalué s’il existait une corrélation entre la prise d’AINS et les concentrations en calprotectine fécale. Celle-ci s’est révélée positive dans trois études et non significative dans deux. 

Principales limitations

Revue systématique basée sur un faible nombre d’études et présence d’une certaine hétérogénéité entre les différentes études incluses.