De nombreux Français ne dorment pas assez


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Il est aujourd’hui bien établi que le manque de sommeil est un facteur favorisant d’obésité, de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, de pathologies cardiaques et d’accidents. Apprécier le temps de sommeil est donc important en termes de santé publique. C’était l’objet d’une partie du Baromètre Santé 2017 qui a porté sur 12.637 sujets âgés de 18 à 75 ans représentatifs de la population française.

Pour la première fois, le temps de sommeil total (TST – incluant la sieste) moyen des adultes passe en dessous de 7 heures : ils dorment en moyenne 6h42 par 24 heures. Plus du tiers d’entre eux dorment moins de 6 heures par nuit (35,9%), plus du quart sont en dette de sommeil (27,7% – différence supérieure à 60 minutes entre le temps de sommeil idéal d’un individu et son TST en semaine) et près d’un sur cinq (17,7%) en restriction (différence supérieure à 60 minutes entre TST en semaine et le week-end). Points positifs : plus d’un quart des adultes (27,4%) font au moins une sieste en semaine, d’une durée moyenne de 50 minutes, et un petit tiers (32,2%) en font une le week-end, d’une durée moyenne de 59 minutes. Enfin, l’insomnie chronique touche 13,1% des 18-75 ans. Elle est bien plus fréquente chez les femmes (16,9%) que chez les hommes (9,1%), ce que retrouvent toutes les études internationales.

Ces résultats ont été obtenus grâce à une méthodologie originale. D’une part, l’enquête a été effectuée en se basant sur les agendas de sommeil, qui « permettent d’aborder de manière subjective mais très précise les données de temps de sommeil de milliers d’individus. » D’autre part, elle a tenu compte des siestes et des différences entre le sommeil des jours de travail et ceux de repos.

Les facteurs favorisant le manque de sommeil sont bien identifiés :

  • Travail de nuit, qui concerne 4,3 millions des actifs en France (contre 15,0% en 1990) ;

  • Long temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail, fréquent dans les mégalopoles et les zones rurales, concernant plutôt les personnes les moins diplômées ;

  • Surinvestissement du temps passé devant les écrans, souvent associé à une heure tardive de coucher (en moyenne 23h15 avec un lever à 6h48) ;

  • Bruit : avions, deux-roues motorisés, terrasses de café ;

  • Pollution lumineuse par l’éclairage urbain.

En matière de prévention, les auteurs préconisent quelques mesures de bon sens (chambre silencieuse, obscure, fraîche - 18°C ; pratique de la sieste…), ainsi qu’une activité physique modérée et régulière (mais pas le soir à proximité du coucher) et la consommation de sucres (lents ou rapides) de préférence au repas du soir, où l’alcool doit être évité. Au regard des nombreuses études publiées sur le sommeil, ils insistent pour que celui-ci soit considéré comme un facteur majeur de santé au même titre que l’alimentation et l’exercice physique.