De la musique pour améliorer les symptômes dépressifs des patients déments

  • van der Steen JT & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 24 juil. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une revue Cochrane a analysé tous les essais contrôlés randomisés ayant évalué l’effet de la musicothérapie chez des sujets déments institutionnalisés. Au vu des résultats, il est probable qu’elle améliore les symptômes dépressifs et les troubles comportementaux de façon globale, avec un niveau de preuve modéré (selon la démarche GRADE), mais pas les épisodes d’agitation ni d’agressivité. Elle pourrait également améliorer le bien-être émotionnel et notamment la qualité de vie et l’anxiété, cependant les niveaux de preuve dont on dispose dans ces domaines sont faibles.

En revanche, les effets observés sur la cognition sont minimes voire inexistants. Quant aux résultats à plus long terme pour l’ensemble de ces paramètres (4 semaines ou plus), leurs qualité est trop incertaine (faible ou très faible) pour pouvoir en tirer des conclusions.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les démences sont fréquemment associées à des troubles émotionnels et comportementaux qui altèrent la qualité de vie des patients. Et lorsque les capacités verbales sont altérées, ces personnes restent encore capables de fredonner ou de jouer de la musique offrant ainsi des opportunités alternatives de communication. Une revue Cochrane s’est intéressée aux essais ayant évalué les effets de la musicothérapie chez les patients déments sur le plan du bien-être émotionnel et notamment sur la qualité de vie, les troubles de l’humeur, les troubles comportementaux et cognitifs.

Méthodologie

Tous les essais contrôlés, randomisés, ayant évalué les effets de la musicothérapie, du chant ou de stimulations auditives chez des sujets disposant d’un diagnostic de démence quel que soit le degré de sévérité, versus un groupe contrôle ou de comparaison (soins usuels ou autres activités, cuisine, peinture, etc.), ont été recherchés dans différentes bases de données.

Pour être inclus les essais devaient présenter des interventions comprenant au moins 5 sessions de musicothérapie de façon à pouvoir observer un effet. Les résultats étaient observés en fin d’intervention, puis à 4 semaines et au-delà après la fin de l’intervention.

Résultats

  • 22 études réalisées dans 14 pays, dont 13 en Europe, ont été sélectionnées et 890 sujets déments ont pu être inclus dans l’analyse. Tous étaient institutionnalisés et souffraient de démence à des degrés divers.
  • La plupart des interventions associaient des actions combinées comme jouer d’un instrument ou chanter. Certaines y associaient des mouvements comme le fait de taper dans les mains ou de danser. Les interventions duraient de 1 à 2h. Elles étaient individuelles pour seulement 7 d’entre elles, les autres étaient pratiquées en groupe et le nombre de sessions moyen était de 14.
  • Avec un niveau de preuve modéré, les interventions de musicothérapie réduisaient les symptômes dépressifs en fin de traitement (différence moyenne standardisée (DMS) -0,27 [IC95% : -0,45 à -0,09] (11 études, 503 participants), mais pas à plus long terme.
  • De façon globale, les troubles comportementaux étaient également diminués en fin de traitement (DMS -0,23 [-0,46 à -0,01], 10 études, 442 participants), mais sans effet notable sur l’agitation ou l’agressivité.
  • Les interventions semblaient également améliorer le bien-être émotionnel et la qualité de vie des participants avec une DMS de 0,32 [IC95% : 0,02 à 0,63] (9 études, 348 participants) et réduire l’anxiété avec une DMS de -0,43 [-0,72 à -0,14] (13 études, 478 participants). Mais le niveau de preuve était faible pour ces deux paramètres.
  • Elles avaient en revanche peu ou pas d’effet sur la cognition mesurée en fin de traitement comme à plus long terme, avec toujours un faible niveau de preuve.