De l’acétate pour prévenir les surinfections bactériennes de la grippe ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les infections bactériennes secondaires sont une des complications majeures de la grippe. Une équipe lilloise (Centre national de la recherche scientifique, Institut national de la santé et de la recherche médicale, Institut Pasteur, Centre hospitalo-universitaire de Lille) s’est intéressée au rôle du microbiote intestinal dans l’apparition de ces infections. Publié dans Cell Reports, le travail des chercheurs montre que chez la souris, l’activité métabolique de leur microbiote intestinal est modifié en cas de grippe, sans doute à cause de la réduction alimentaire provoquée par la maladie. De plus, la production d’acides gras à chaînes courtes (AGCC) par les bactéries du microbiote est diminuée. Or, ces acides gras (acétiques surtout, propioniques et butyriques) favorisent à distance l’activité bactéricide des macrophages présents dans les poumons, en particulier celle dirigée contre Streptococcus pneumoniae, le principal agent impliqué dans les pneumopathies infectieuses humaines. En outre, une supplémentation par l’acétate restaure cette capacité bactéricide.

Pour les auteurs de ce travail, cette découverte pourrait avoir des implications majeures dans la compréhension des mécanismes conduisant aux surinfections bactériennes chez les patients grippés et conduire au développement de nouvelles stratégies nutritionnelles et/ou thérapeutiques.