Dans quelle mesure détecte-t-on des anomalies potentiellement graves à l’IRM chez des sujets asymptomatiques ?

  • Gibson LM & al.
  • BMJ
  • 22 nov. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’IRM peut être réalisée chez des individus asymptomatiques dans le cadre de la recherche clinique ou d’un dépistage spécifique. Une méta-analyse vient de mettre en évidence que 3,9% des IRM cérébrales et corporelles réalisées chez des individus asymptomatiques révèleraient des anomalies potentiellement graves. Ce taux atteindrait même 12,8% si les anomalies dont la gravité potentielle est incertaine étaient incluses. Près de la moitié des anomalies potentiellement graves détectées sont suspectées d’être malignes. Cependant, les conséquences cliniques de la détection d’anomalies graves à l’IRM chez des sujets asymptomatiques ne sont pas clairement établies. Au-delà de ces résultats, ces analyses mettent surtout en avant le besoin de réaliser des études au long cours bien codifiées pour mieux évaluer les conséquences et les implications de ces découvertes.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Estimer la prévalence d’anomalies à l’IRM n’a pas vraiment de valeur clinique car cela regroupe des éléments de gravité variable qui n’ont pas toujours une conséquence clinique importante. De nombreuses études ont jusqu’à présent soit évalué l’ensemble des anomalies détectées à l’IRM sans y associer un niveau de gravité potentielle, soit se sont focalisées sur une zone du corps en particulier. Or, ces estimations ne sont pas généralisables à la réalisation d’IRM cérébrales ou corporelles chez des sujets asymptomatiques, d’où l’intérêt de cette méta-analyse qui pourrait engager d’autres travaux ultérieurs plus spécifiques.

Méthodologie

Une revue de la littérature a été menée pour identifier les publications parues jusqu’en avril 2017, ayant trait à la prévalence et au type de résultats détectés à partir d’IRM cérébrales et corporelles (ces dernières comprenant le cerveau, le thorax et l’abdomen) chez des adultes apparemment asymptomatiques. Les études les plus pertinentes ont ensuite été incluses dans une méta-analyse.

Principaux résultats

Au total, 32 études remplissant les critères d’éligibilité ont été sélectionnées, soit 27.643 sujets. 

Selon les analyses, la prévalence poolée de la détection d’une anomalie grave lors d’un examen à l’IRM serait de 3,9% [0,4-27,1] à partir d’une IRM cérébrale ou corporelle, 1,4% [1,0-2,1] à partir d’une IRM cérébrale seule, 1,3% [0,2-8,1] à partir d’une IRM thoracique et 1,9% [0,3-12,0] à partir d’une IRM abdominale.

Cette prévalence augmentait lorsque les analyses intégraient la détection d’anomalies présentant une incertitude concernant leurs gravité (12,8% [3,9-34,3] pour les IRM cérébrales et corporelles (1,7% les IRM du cerveau, 3,0% pour le thorax et 4,5% pour l’abdomen). Environ la moitié des anomalies potentiellement graves détectées par IRM chez des individus asymptomatiques ont été suspectées comme étant malignes. Cela correspondait à 2,3% des anomalies potentiellement graves détectées à l’IRM cérébrale ou corporelle, 0,6% à IRM cérébrale, 0,6% à l’IRM thoracique et 1,3% à l’IRM abdominale.

Les analyses montrent que peu de données permettent de suspecter des facteurs associés à la découverte fortuite à l’IRM d’une anomalie potentiellement grave chez des sujets asymptomatiques.

Les auteurs mentionnent que dans 20,5% des cas, la détection d’une anomalie potentiellement grave à l’IRM conduirait à un diagnostic confirmant la gravité de la situation. Mais ce chiffre mériterait selon eux d'être confirmé avec plus de données.

Principales limitations

Les études incluses dans les analyses présentaient une hétérogénéité substantielle.