Dalbavancine, un usage essentiellement hors AMM pour ses premiers pas en France

  • Dinh A et al.
  • Int J Antimicrob Agents
  • 7 août 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Cette première analyse des prescriptions de dalbavancine menée auprès de 29 hôpitaux français montre que l’usage de ce nouvel antibiotique est majoritairement hors AMM, l’antibiotique étant plus souvent employé en traitement de secours dans les infections ostéo-articulaires que dans l’indication autorisée (infections de la peau et des tissus mous).
  • Malgré cela, d’après ces premières données, son usage semble efficace et sûr.

 

La dalbavancine est un antibiotique de la classe des glycopeptides à longue demi-vie (14 ou 15 jours). Très active sur les coques à Gram positif, staphylococcus aureus notamment, elle est autorisée en France depuis 2017 et indiquée dans les infections de la peau et des tissus mous. Son usage dans la vraie vie est encore mal cerné. C’est pourquoi une étude a entrepris d’analyser toutes les prescriptions réalisées en France sur la période de 18 mois, entre juillet 2017 et septembre 2018, ayant suivi son AMM en France. Tous les patients adultes ayant reçu au moins une dose de dalbavancine étaient éligibles. Au final, 75 patients issus de 29 hôpitaux français ont pu être inclus dans l’étude. Leurs données ont été recueillies par questionnaire standardisé auprès des prescripteurs. Chez ces premiers patients traités, la dalbavancine a surtout été utilisée pour le traitement d’infections ostéo-articulaires (64,0%), d’endocardite (25,3%) et pour traiter des infections de la peau et des tissus mous (17,3%). Ces infections étaient dues à de multiples germes dans plus d’un tiers des cas (34,7%) et impliquait Staphylococcus aureus dans un cas sur deux (51,4%), des souches résistantes à la méthicilline dans un cas sur 5 (19,4%). Ces patients avaient quasiment tous (98,7%) déjà reçu un traitement antibiotique sur une durée moyenne de 22,5 jours avant de se voir administrer de la dalbavancine (2,3 antibiotiques en moyenne). Le glycopeptide était fréquemment associé à un autre antibiotique (rifampicine dans 35,3% des cas, sulfamethoxazole-trimethoprim dans 29,4% des cas). Deux doses hebdomadaires IV de 1500 mg étaient le plus souvent utilisées (53,2% des cas). Une guérison clinique a pu être observée chez 54 patients sur 72 et seulement 5 effets indésirables ont été rapportés : éruption cutanée ou fièvre après injection, céphalées, augmentation des éosinophiles et signes d’inflammation locale après injection.