CRPus : un marqueur qui pourrait être utile en diagnostic précoce du cancer du poumon ?

  • BMJ

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les anciens fumeurs et les fumeurs actuels ayant des taux circulants de CRP-us élevés ont un risque plus élevé de cancer du poumon au global (tous types confondus). En revanche, les résultats de cette étude ne montrent pas d’association entre les taux circulants de CRP-us et le risque d’adénocarcinome pulmonaire. Les auteurs indiquent que la concentration globale de CRP-us pourrait être un marqueur pré-diagnostic du cancer du poumon plutôt qu’un facteur de risque.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Même si l’on ne sait pas exactement quel est le mécanisme physiopathologique, il est admis que l’inflammation joue un rôle majeur dans le développement du cancer du poumon. La CRP est un marqueur systémique de l’inflammation qui peut être facilement suivi en pratique. Cependant, elle constitue un marqueur sensible mais non spécifique de l’inflammation systémique. En revanche, les études précédentes n’étaient pas suffisamment larges pour estimer cette association en fonction du statut tabagique.

Méthodologie

Cette étude de très large envergure regroupe 20 cohortes prospectives suivies en Asie, en Europe, en Australie et aux États-Unis. Cette étude prospective cas-témoins a évalué le risque de cancer du poumon en fonction de la concentration en protéine C ultra sensible. Les analyses ont été ajustées sur le risque global de cancer du poumon en fonction du statut tabagique selon 5 catégories : sujets n’ayant jamais fumé, anciens fumeurs ayant arrêté il y a moins de 10 ans ou ≥10 ans, fumeurs actuels (

Principaux résultats

Au global, 2.496 fumeurs actuels, 1.498 anciens fumeurs et 1.305 sujets n’ayant jamais fumé ont été inclus dans les analyses (cas et contrôles pour chaque groupe). Les participants issus des cohortes asiatiques, européennes et australiennes étaient principalement de sexe masculin (69% et 58% respectivement). Les fumeurs actuels représentaient environ la moitié des participants, et les anciens fumeurs et ceux qui n’avaient jamais fumé contribuaient chacun à hauteur d’un quart environ. L’âge médian était de 60 ans. Le temps médian entre la prise de sang et le diagnostic de cancer du poumon était de 6,8 ans pour l’ensemble des cas. Les résultats des analyses ont montré qu’un doublement de la concentration CRP-us était associé à une augmentation du risque de cancer du poumon de 9% chez les fumeurs actuels et les anciens fumeurs mais pas chez les non-fumeurs : odds ratio associé à un doublement de la concentration en CRP-us 1,09 [1,05-1,13]. Cette association s’est révélée forte et constante pourtous les sous-types histologiques excepté l’adénocarcinome (OR 0,97 [0,94-1,01]).

Principales limitations

Étude limitée à une seule mesure de CRP-us pour chaque patient, alors qu’une mesure répétée dans le temps aurait été intéressante.