Croissance de la prévalence européenne des cas importés et autochtones de dengue

  • Ahmed AM & al.
  • Rev Med Virol
  • 13 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Au total, 20.284 cas de dengue ont été rapportés entre 1990 et 2017 en Europe, dont 130 cas d’infection autochtones. L’analyse chronologique de la prévalence montre une augmentation récente de ces chiffres, y compris en France qui est l’un des pays les plus concernés.
  • La fréquence des formes sévères a également progressé en Europe. La France, particulièrement exposée, a néanmoins présenté des chiffres stables.

 

Malgré les efforts fournis en Europe en matière de lutte antivectorielle, la prévention de transmission des infections par la dengue augmente, essentiellement du fait des cas importés. Les tendances liées à l’infection doivent être mieux connues afin d’évaluer également l’efficacité de la prophylaxie mise en place au niveau individuel et d’adapter éventuellement les stratégies.

La France et l’Allemagne en première ligne des cas importés

Toutes les études publiées jusqu’en janvier 2017 ont été identifiées, soit 174 études rassemblant 20.284 cas de dengue rapportés dans 21 pays européens. Les principaux cas étaient importés de Thaïlande. Les cas sévères de dengue ont également augmenté ces dernières années.

La France est, avec l’Allemagne, le pays rassemblant le plus de cas, avec 6.610 cas, soit 275,42 cas par an, ces chiffres étant stables au cours des dernières années. La France est aussi, avec le Royaume-Uni, le pays dans lequel la proportion de cas sévères est la plus importante, représentant 21,4% des cas.

Au total, 130 cas autochtones ont été signifiés sur la période, dont la moitié en Israël et en Croatie. Malgré le nombre faible de cas, une croissance de leur nombre a été observée en Europe depuis 2013, représentant 14,8% de tous les cas notifiés en 2017.

Ces chiffres doivent d’autant plus interpeller qu’une sous-notification est fréquemment rapportée dans le domaine. Les auteurs suggèrent qu’une fièvre inexpliquée fasse systématiquement l’objet d’investigations chez les personnes ayant récemment voyagé et celles résidant dans les aires à haut risque de dengue autochtone.