CROI : bNAbs : une voie prometteuse en prévention de l’infection par le VIH

  • Dr Chloe Vaneeren

  • JIM Actualités des congrès
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Les chercheurs s'intéressent depuis plusieurs années au potentiel de certains anticorps rares (car produits par moins de 1 % des patients). Ces anticorps, appelés « bNAbs » pour anticorps neutralisants à large spectre (broadly neutralizing antibodies), reconnaissent, à la différence des anticorps classiques, des régions vulnérables du VIH, comme celles qui lui permettent de se fixer à la molécule CD4 sur les lymphocytes.

Les recherches menées sur la caractérisation des bNAbs ont permis de produire synthétiquement ces anticorps et de les administrer aux patients afin de contrôler la charge virale et de limiter la progression de la maladie. « Une stratégie prometteuse, mais qui est confrontée à la capacité du VIH à former des réservoirs rapidement après l'infection (seuls 0,2 % des virus se retrouvent dans le sang), explique Penelope Moore (Johannesburg). Les nombreuses mutations du VIH obligent également à utiliser une combinaison de plusieurs bNAbs, de façon à couvrir le plus large spectre possible ». De plus, les UCAS (Unmutated Common Ancestor) de ces bNAbs ne se lient pas aux protéines Env normales, ce qui a nécessité leur enrichissement pour pouvoir atteindre leur cible notamment via une immunisation séquentielle. L'efficacité de ces vaccins a été démontrée sur modèle animal mais pas encore chez l'homme chez lesquels se pose également la question de savoir s'il y a intérêt à produire de meilleures fractions du complément (Fc) pour obtenir une meilleure activité des bNAbs. De nombreuses études ont en effet suggéré qu'une liaison de la Fc est nécessaire pour obtenir une protection maximale avec les bNAbs.

Une autre question est celle de la transmission mère/enfant et la protection de ce dernier car on sait que l'enfant développe rapidement des bNAbs et à des taux plus élevés que l'adulte et qu'il a fréquemment des taux de lymphocytes T folliculaires helper (TFH) plus importants en corrélation avec la profondeur de la neutralisation.