Crise de goutte : enfin des recommandations françaises !

  • Pascart T & al.
  • Joint Bone Spine
  • 15 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La Société Française de Rhumatologie vient de publier les premières recommandations françaises de prise en charge des crises de goutte. Celles-ci s’organisent autour de 4 principes généraux, avec une place importante pour l’éducation du patient, et de 4 recommandations plus spécifiques :

Les 4 principes généraux à retenir 

  • Le patient doit avoir conscience qu’il est essentiel de traiter le plus précocement possible une crise de goutte : dès l’apparition des premiers symptômes. Il doit être capable de s’auto-médiquer à partir d’une prescription pré-établie avec son médecin (grade C).
  • Le patient doit avoir conscience que la prise en charge de la goutte ne se limite pas au traitement de la crise elle-même, mais qu’elle nécessite de connaître l’importance des traitements hypo-uricémiants qui sont à long terme, les seuls capables de soulager des symptômes liés à la goutte (grade C).
  • Les comorbidités (maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale chronique, diabète, ulcère peptique, infections), les antécédents d’évènements indésirables, les interactions médicamenteuses, le nombre et le type d’articulations atteintes orientent le choix des traitements et la prise en charge des accès de goutte (grade C).
  • La colchicine, les AINS, les corticostéroïdes oraux ou intra-articulaires, les inhibiteurs de l’interleukine 1 (IL-1) sont des traitements qui peuvent être utilisés pour la prise en charge des crises de goutte. D’autres éléments peuvent venir compléter la prise en charge, comme le repos de l’articulation, le froid et les analgésiques (grade A).

Les 4 recommandations plus spécifiques à retenir

  • La colchicine devrait être initiée le plus précocement possible, idéalement dans les 12 premières heures, au dosage suivant : 1 mg à l’apparition de la crise, puis 0,5 mg 1 heure plus tard. Le traitement doit être poursuivi à raison de 0,5 mg x 2-3 fois par jour selon l’évolution de la crise. En cas d’apparition de diarrhées, premier signe de toxicité du traitement, celui-ci doit être soit diminué, soit arrêté. Le dosage peut être réduit en particulier chez les sujets ayant une insuffisance rénale et en cas de co-prescription avec des médicaments qui peuvent interférer avec le métabolisme de la colchicine (grade A).
  • L’usage des corticoïdes devrait être envisagé durant 3 à 5 jours, à raison de 30 à 35 mg/jour (ou équivalent prednisone). La prise de corticoïdes n’est pas recommandée chez les patients ayant un diabète de type 2 non contrôlé ou une hypertension artérielle. Les injections intra-articulaires de corticoïdes devraient être préférées pour le traitement mono-articulaire si l’articulation en question est facile d’accès pour une procédure locale (grade A).
  • Les AINS oraux devraient être prescrits pour une courte période, le temps de la crise de goutte uniquement. Ils doivent être évités en cas d’infection rénale chronique de stade 3 à 5 ou de maladie cardiovasculaire sévère (grade A).
  • Les inhibiteurs de l’interleukine 1 (IL-1) devraient être initiés à l’hôpital et prescrits uniquement en cas d’échec, d’intolérance ou de contre-indication à un traitement par AINS, corticoïdes ou colchicine. Les inhibiteurs des IL-1 sont contre-indiqués en cas d’infection et leur utilisation nécessite un suivi des taux de neutrophiles sanguins (grade A).