Création des CeGIDD : quel bilan à 1 an ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages-clés

  • La majorité des consultations réalisées par les CeGIDD étaient consacrées au dépistage ou au diagnostic.

  • La population accueillie était considérée à 85% comme étant à risque d’exposition aux IST.

  • Les taux de positivité des tests réalisés étaient compris entre 0,41% (VIH) et 8% (gonocoques).


 

Le 1er janvier 2016, les CDAG et des CIDDIST, dont les spécificités de missions étaient peu lisibles pour le grand public, ont disparu pour donner naissance aux seuls CeGIDD ( Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH, les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles ). Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire a publié un premier bilan annuel de l’activité de ces centres, établi à partir de l’analyse des questionnaires transmis aux CeGIDD par les ARS.

Des taux de positivité relativement faibles

Ainsi, les centres participants ont assuré un total de 739.284 consultations, dont 51% étaient dédiées au dépistage ou au diagnostic et 38% à la remise de résultats. Les consultations relatives à la prévention ont été peu nombreuses (2,1% après un accident d’exposition sexuelle et au sang avec ou sans TPE*, 0,4% de prévention pré-exposition).

Parmi les CeGIDD participants, 76% ont déclaré avoir réalisé au moins une action hors les murs, soit un total de 6.490 actions, dont 42% à vocation de dépistage et 58% à vocation de prévention et d’information.

Le profil des publics accueillis (n=371.863 dont 56% d’hommes) mettait en lumière une majorité de sujets considérés comme à risque d’exposition aux IST (85%), avec notamment 24,8% d’hétérosexuels multipartenaires, 7,6% de migrants et 6,7% d’HSH parmi l’ensemble des personnes reçues.

Enfin, les CeGIDD ont réalisé 321.597 dépistages du VIH (taux de positivité 0,41%), 242.519 tests Chlamydia (8%), 224.250 dépistages des hépatites virales (0,8 et 1,1% pour le VHC et le VHB), 198.947 dépistages de syphilis (1,5%) et 174.085 tests des gonococcies (2,96%). Parallèlement, 13,6% des 1.713 frottis réalisés ont permis d’identifier des pathologies cervico-utérines. Des disparités régionales significatives ont été décrites par les auteurs.

Des actions encore traditionnelles

Ce travail a été établi sur la base des déclarations de 274 des 317 CeGIDD habilités (167 sites principaux et 150 antennes, dont 72% hospitaliers). Il montre que les nouvelles missions attribuées aux CeGIDD restent encore relativement peu développées : prescription de la PrEP, action hors les murs, approche globale de la santé, sexuelle (vaccination, éducation à la sexualité, prescription de contraception, détection des violences sexuelles...). L’analyse annuelle des bilans dressés par les CeGIDD devrait permettre d’en apprécier l’essor. Elle devra également apprécier l’élargissement de l’offre existante.