CRAC : comment réduire les délais de prise en charge d’un IDM en France ?

  • Rangé G & al.
  • Arch Cardiovasc Dis
  • 1 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude française de registre s’est intéressée au délai de prise en charge des SCA avec sus-décalage du segment ST (SCA ST+). Les résultats montrent qu’un délai supérieur aux recommandations (>120 min) entre le premier contact médical et l’intervention coronaire percutanée primaire (ICP) serait en lien avec le lieu où se situe le sujet lors de l’apparition des premiers symptômes, la présence de certains facteurs systémiques et comorbidités.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le délai de prise en charge d’un SCA ST+ joue un rôle majeur en termes de pronostic pour le patient. Cette étude prospective en vie réelle apporte des éléments essentiels d’identification des facteurs associés à un délai de prise en charge supérieur à 120 min. 

Méthodologie

Cette étude prospective a été initiée par le Club Régional des Angioplasticiens de la région Centre (CRAC). Elle a été réalisée à partir d’un registre régional de patients devant subir une angioplastie moins de 24 heures après un SCA ST+ entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2016. Les patients ont été regroupés en fonction du délai entre le premier contact médical et la première ICP (>120 min ou ≤120 min).

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la période évaluée, 2.081 des 17.749 patients devant subir une ICP dans les 24 heures après apparition des premiers symptômes de SCA ont été inclus dans les analyses. Le délai médian entre les premiers symptômes et le premier contact médical était de 92 min et le délai médian entre ce premier contact médical et la ICP était de 112 min. Au total, 892 patients (soit 42,9%) ont été transférés en plus de 120 min. Environ un quart des sujets (24,9%) étaient localisés dans un département sans centre d’intervention cardiologique, mais seulement 5,5% à plus de 75 km de ce type de centre. Ainsi, 30% des sujets avaient une première admission dans un centre hospitalier sans centre d’intervention cardiologique.

Plusieurs critères cliniques se sont révélés être prédictifs d’une prise en charge supérieure à 120 min : une localisation latérale de l’ischémie myocardique (odds ratio (OR) 1,8), une classe de killip >1 à l’admission (OR 1,8), un diabète sucré (OR 1,6) et une hypertension (OR 1,3). D’autres facteurs ont été associés à une prise en charge au-delà du délai recommandé : un centre de prise en charge situé à 75 km ou plus du lieu de survenue des premiers symptômes (OR 7,9) ; l’implication de plus d’un médecin généraliste avant l’intervention du centre de cardiologie (OR 4,5) ; une première admission dans un centre hospitalier sans centre de cardiologie interventionnelle (OR 2,9) ; l’absence d’appel aux urgences (OR 1,6) ; un délai de 90 min ou plus entre les premiers symptômes et le premier contact médical (OR 1,3).

Des différences ont également été mises en évidence en fonction de l’âge, du sexe, du statut tabagique, des antécédents de maladie coronarienne, des antécédents d’AVC et de la présence ou non d’une insuffisance rénale, mais aucun de ces facteurs n’est resté significatif en analyse multivariée.