COVID-19 : une vaccination en 5 phases


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Alors que le monde entier se prépare à vacciner contre le COVID-19, la Haute autorité de santé (HAS) vient de publier ses dernières recommandations concernant les populations à vacciner en priorité. L’objectif est double :

  • Réduire les hospitalisations et les décès,
  • Maintenir les activités essentielles du pays, notamment celles du système de santé.

Concernant l’objectif de contrôle de l’épidémie, la HAS estime qu’il ne pourra être envisagé que si l’on peut établir que les vaccins sont efficaces sur la transmission du virus et que leur disponibilité est suffisante, ce qui n’est pour l’instant pas le cas.

Afin de s’adapter à l’arrivée progressive des doses de vaccin, la HAS propose une stratégie en 5 phases, en se basant sur deux critères principaux de priorisation : l’existence d’un facteur de risque individuel de développer une forme grave de la maladie (âge et comorbidités) et l’exposition accrue au virus. Les comorbidités retenues comme facteur de risque de forme grave sont : obésité (Indice de masse corporelle >30) en particulier chez les plus jeunes, BPCO et insuffisance respiratoire, hypertension artérielle compliquée, insuffisance cardiaque, diabète de types 1 et 2, insuffisance rénale chronique, cancers récents de moins de trois ans, transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et trisomie 21.

Stratégie en 5 phases

Phase 1 : arrivée des toutes premières doses

Deux populations prioritaires :

  • Résidents d’établissements accueillant des personnes âgées et résidents en services de longs séjours (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes [EHPAD], unités de soins de longue durée [USLD]…), soit environ 750.000 personnes.
  • Professionnels exerçant dans les établissements accueillant des personnes âgées (en premier lieu en EHPAD, USLD) ayant eux-mêmes un risque accru de forme grave/de décès (plus de 65 ans et/ou présence de comorbidité), soit environ 90.000 personnes.

Phase 2 

  • Personnes ≥ 75 ans puis personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité puis autres personnes de 65-74 ans, soit environ 13,7 millions de personnes.
  • Professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire, en priorisant les professionnels ≥ 50 ans ou ayant une comorbidité, quel que soit leur mode/lieu d’exercice, soit environ 1,2 million de personnes. 

  Phase 3

  • Personnes de 50-65 ans ou
  • Tous professionnels du secteur de la santé et du médico-social.
  • Professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays (ex : sécurité, éducation, alimentaire, bancaire, transports). Ces secteurs devront être déterminés par le gouvernement car ils ne relèvent pas d’un avis de la HAS, celui-ci se fondant sur des données scientifiques qui sont actuellement limitées pour estimer le risque d’infection pour les professions dites « essentielles », autres que celles du secteur de la santé et du médico-social. 

Phase 4

  • Personnes fortement exposées au virus du SARS-CoV-2 n’appartenant pas aux catégories précédentes (moins de 50 ans sans comorbidité). Exemples :

o   Professionnels dont l’environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos, promiscuité, conditions de température et d’humidité...). Cette population sera à quantifier à l'issue des premières phases.

o   Personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d’infection (résident en hôpital psychiatrique ou en foyer, sans domicile fixe, détenus...), soit environ 550.000 personnes. 

  Phase 5

  • Toutes personnes de plus de 18 ans sans comorbidité. Cette population sera à quantifier à l’issue des premières phases sachant que la population des 18-49 ans sans comorbidités représente environ 24 millions de personnes.

Quid des enfants et femmes enceintes ?

Les femmes enceintes et les moins de 18 ans ne font pas partie de ces recommandations car les données sont insuffisantes pour ces populations (faible inclusion voire exclusion des essais en cours).

Quid des personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 ?

La HAS considère qu’à ce stade, « les données disponibles ne permettent pas d’orienter une vaccination des individus selon leur statut infectieux vis-à-vis du SARS-CoV-2 ni selon l’immunité conférée par une infection antérieure par ce virus. La prise en compte des données de séroprévalence, des connaissances sur la durée d’immunité conférée par l’infection naturelle et des résultats des essais cliniques selon le statut initial infectieux vis-à-vis du SARS-CoV-2 des individus sera toutefois essentielle lors de l’élaboration des recommandations vaccinales ».

La vaccination doit-elle être rendue obligatoire ?

La HAS rappelle qu’elle ne préconise pas, pour le moment, de rendre la vaccination contre le COVID-19 obligatoire et insiste sur la nécessité d’une information claire et accessible des publics à toutes les phases de mise à disposition des vaccins.

Ces recommandations seront bien sûr à actualiser en fonction des données sur chaque vaccin et de leur disponibilité effective. Elles supposent également que la balance bénéfice/risque des vaccins soit favorable dans les populations considérées.