COVID-19 : une nouvelle étude conforte l’infectiosité pré-symptomatique du virus

  • He X & al.
  • Nat Med
  • 15 avr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon l’analyse des prélèvements issus de 94 cas confirmés de COVID-19, l’excrétion virale mesurée au niveau des prélèvements nasopharyngés est maximale au début des symptômes puis diminue ensuite progressivement.

  • L’analyse conjointe de 77 couples infectants-infectés confirmés suggère un intervalle sériel (délai entre le début des symptômes de l’infectant et celui de l’infecté) de 5,8 jours en moyenne, inférieur au délai d’apparition des symptômes. Ces données pourraient avoir un rôle majeur dans les stratégies à mettre en place à la fin du confinement.

L’efficacité des mesures de contrôle de l’épidémie dépend de plusieurs paramètres clés dont la période d’incubation (délai entre l’infection et le début des symptômes) et l’intervalle sériel. Si le second est inférieur au premier, il est probable que le virus se transmette en phase pré-symptomatique. Nature Medicine publie une étude ayant d’une part, évalué la dynamique de l’excrétion virale de cas confirmés et d’autre part, la dynamique de transmission entre paires confirmées infectants-infectés.

L’infectiosité pourrait démarrer entre 2 et 3 jours avant l’apparition des symptômes

Dans la première partie de ce travail (94 cas confirmés hospitalisés pour forme modérée, 50% d’hommes, 47 ans en moyenne, 414 prélèvements sur les 32 jours suivant le diagnostic), la charge virale apparaît maximale au début des symptômes, puis diminue progressivement pour devenir indétectable autour du 21e jour. Il n’y avait aucune différence selon l’âge, le sexe ou la sévérité de la maladie.

La seconde partie de l’étude a compilé les données relatives à 77 paires de cas dont la transmission entre les deux était confirmée. L’intervalle sériel a été estimé à 5,8 jours (moyenne) et 5,2 jours (médiane), avec 7,6% de cas associés à un intervalle sériel négatif. En se fondant sur une période d’incubation moyenne à 5,2 jours (donnée issue d’une large série de cas chinois), cette équipe estime que l’infectiosité pourrait démarrer 2,3 jours [0,8-3,0] avant le début des symptômes, avec un pic à 0,7 jours [-0,2 à 2,0 jours]. Ainsi, 44 % des transmissions pourraient être pré-symptomatiques.

Il existe deux limitations à ce travail : la date d’apparition des symptômes reste une valeur rapportée par les patients (même si ce biais est le même pour les personnes infectantes que les personnes infectées). Par ailleurs, l’excrétion virale mesurée a pu être influencée par les traitements reçus lors de l’hospitalisation des patients. Quoi qu’il en soit, ces données posent la question de l’efficacité des stratégies reposant sur l’identification des cas contacts parmi les personnes fréquentées uniquement lors de la phase symptomatique. Dans la perspective du déconfinement, ces données sont importantes à considérer également.