COVID-19 : une étude prospective sur les patients hospitalisés en réanimation


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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À l’initiative du réseau REVA (Reseau Européen de recherche en Ventilation Artificielle), 149 services de réanimation en France, Belgique et Suisse se sont mobilisés pour une étude prospective sur le devenir des patients COVID-19 hospitalisés en réanimation pour SDRA (syndrome de détresse respiratoire aiguë), publiée dans la revue européenne Intensive Care Medicine (COVID-ICU – COVID-Intensive Care Unit). Le recrutement s’est déroulé du 25 février 2020 jusqu’au 4 mai 2020 et a inclus 4.643 patients d’âge moyen de 63 ans (54-71 ans). Les données de statut vital étaient disponibles pour 4.244 d’entre eux, sur lesquels a porté l’analyse.

Intubation pour 4 patients sur 5

  • 74% de ces patients étaient des hommes. 

  • 41% avaient un IMC (indice de masse corporelle) ≥30 kg/m2

Une hypertension artérielle et un diabète étaient connus chez respectivement 48% et 28% d’entre eux.

  • À l’admission en réanimation, 29% des patients ont reçu de l’oxygène « standard », 19% de l’oxygène à haut débit et 6% de la ventilation non-invasive.  2.635 (63%) patients ont été intubés dans les 24 premières heures suivant leur admission. Au total, 3.376 (80%) ont été intubés et ont reçu de la ventilation mécanique invasive au cours de leur séjour en réanimation. Les durées médianes de ventilation mécanique invasive, de séjour en réanimation et à l’hôpital étaient respectivement de 13, 21 et 30 jours chez les patients vivants à J+90.

  • Les curares et le décubitus ventral ont été utilisés chez respectivement 88% et 70% des patients intubés à J1. 

  • Une embolie pulmonaire et une pneumonie acquise sous ventilation mécanique ont été diagnostiquées chez 207 (9%) et 1.209 (58%) d’entre eux au cours de leur séjour. 

  • 28% ont été dialysés.

Diminution de la mortalité avec la durée de l’étude

Quatre-vingt-dix jours après l’admission en réanimation, la mortalité était de 31%. Celle-ci augmentait avec la gravité du SDRA (respectivement 30%, 34%, et 50% chez les SDRA de gravité faible, moyenne et sévère). À noter que la mortalité à 90 jours post-admission en réanimation est passée de 42% à 25% du début à la fin de l’étude. Chez les patients intubés, elle était de 36% contre 11% chez ceux n’ayant pas eu de ventilation mécanique invasive.

Les facteurs de risque associés à la mortalité à 90 jours étaient l’âge, une immunodépression, une obésité sévère, un diabète, une défaillance rénale ou hémodynamique à l’admission, un faible rapport PaO2/FiO2 (pression partielle artérielle en oxygène / fraction inspirée en oxygène), et un délai court entre les premiers symptômes et l’admission en réanimation.

Les auteurs de ce travail rejoignent un constat largement admis : gravité des patients hospitalisés et durées de séjour bien plus longues que chez les patients non-COVID-19 ayant un SDRA. Ces deux facteurs contribuent à expliquer « la mise en tension des capacités d’accueil des services de réanimation lors de la première vague . »