COVID-19 : une durée d’immunité post-infectieuse d’au moins 8 mois

  • Dan JM et al.
  • BioRχIV

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Les IgG dirigés contre la protéine Spike se maintiennent sur la durée avec un déclin modeste entre 6 et 8 mois après la survenue des symptômes, et ceux plus spécifiquement dirigés contre le domaine de fixation de cette même protéine suivent la même cinétique.
  • Les lymphocytes B mémoires spécifiques du SARS-CoV-2 se développent au cours de cette même période, semblant donc maintenir une mémoire immunitaire sur la durée.
  • Toutes les composantes de la mémoire immunitaire spécifique au SARS-CoV-2, lymphocytes B mémoires, lymphocytes T CD4+, lymphocytes T mémoire CD8+ se maintiennent sur la durée, mais en suivant des cinétiques distinctes.
  • Globalement, tous les composants de la mémoire immunitaire sont acquis 1 mois après la survenue des symptômes. Et même si cette mémoire immunitaire baisse de 40% à 5 mois, 96% des sujets sont encore positifs pour chacune de ces composantes à 8 mois suggérant une protection immunitaire contre le virus.

 

 

L’étude des différentes composantes de l’immunité, et de leur cinétique d’apparition est essentielle pour comprendre comment s’acquiert la protection immune suite à une infection par le SARS-CoV-2. Les mécanismes de la phase aiguë n’étant pas prédictifs de la mémoire immunitaire à long terme, une évaluation de la réponse à 6 mois et plus post-infection est nécessaire pour s’assurer de la durabilité de l’immunité acquise et de la protection contre une seconde infection. Une équipe américaine de l’Université de Californie à San Diego a entrepris d’évaluer les différentes composantes de l’immunité adaptative spécifiques du SARS-CoV-2 que représentent les lymphocytes B, les lymphocytes T CD4+ et T CD8+ et les anticorps circulants à travers l’analyse des données de sujets ayant survécu à une maladie COVID-19.

Méthodologie

Pour cette étude, 185 sujets de 19 à 81 ans ont été recrutés sur différents sites aux États-Unis, majoritairement en Californie et à New York. La plupart avaient eu une forme légère (92% sans hospitalisation) et symptomatique (97%) de COVID-19. Parmi eux, 41 ont fourni un seul échantillon sanguin pour analyse plus de 6 mois après la survenue des symptômes et 38 ont pu fournir plusieurs échantillons sanguins permettant une étude longitudinale sur 2 à 4 points de mesure sur une période de 8 mois.

Résultats

  • Les taux d’IgG spécifiques du domaine de fixation de la protéine Spike, représentant la grande majorité des anticorps neutralisants, et des IgG dirigés contre la nucléocapside du virus ont été mesurés chez tous les sujets. La concentration des IgG spécifiques de la protéine Spike est restée stable entre le 20e et le 240e (8 mois) jours suivant la survenue des symptômes, avec une demi-vie de 140 jours (plus de 4 mois) pour l’ensemble de ces anticorps, de 83 jours (presque 3 mois) pour les IgG spécifiques du domaine de fixation de la protéine Spike et une forte hétérogénéité des concentrations selon les individus.
  • Sur cette période d’observation de 8 mois, les IgG spécifiques de la nucléocapside et ceux spécifiques du domaine de fixation de la protéine Spike du virus ont suivi la même cinétique que les IgG spécifiques de la protéine Spike. Au global, 90% des sujets avaient encore des anticorps anti-protéine Spike entre 6 et 8 mois après la survenue des symptômes et 88% d’entre eux des anticorps dirigés contre le domaine de fixation de la protéine Spike.
  • Les lymphocytes B mémoires spécifiques ciblant la protéine Spike, son domaine de fixation ou  la nucléocapside, augmentaient durant les 5 mois suivant la survenue des symptômes si bien que ces lymphocytes B spécifiques étaient plus abondants à 6 mois qu’à un mois. Parmi ces lymphocytes B spécifiques de la protéine Spike, les producteurs d’IgM (IgM+) disparaissaient progressivement entre le 20e et le 60e jours après la survenue des symptômes, tandis que les IgG+ devenaient prédominants à 6 mois.
  • Les lymphocytes T CD4+ et CD8+ spécifiques du SARS-CoV-2 diminuaient avec une demi-vie de 3 à 5 mois. Les proportions de sujets toujours positifs à plus de 6 mois étaient respectivement de 89% et 50%.