COVID-19 - Transmission par aérosols : l’avis du HCSP


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Une lettre ouverte adressée le 4 juillet 2020 par 239 scientifiques à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) plaidait pour que la transmission du SARS-CoV-2 par aérosols soit considérée dans les politiques de prévention du COVID-19. Peu après, la Direction générale de la santé saisissait le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) pour une mise à jour de ses avis des 8 et 24 avril 2020 sur le sujet. Celle-ci a été publiée le 14 août et porte sur les environnements extérieurs et intérieurs en population générale, à l’exclusion des lieux de soins et des personnes à risque présentes dans l’entourage d’une personne malade à domicile.

L’avis du HCSP tient compte des données scientifiques les plus récentes, mais aussi de l’absence de réponse à trois questions importantes : Dans quelle mesure les données théoriques sont-elles transposables en pratique ? Quelle est la charge virale SARS-CoV-2 excrétée par une personne porteuse du virus, symptomatique ou pas ? Quelle est la dose infectante pour contaminer une personne saine ?

Le HCSP rappelle que l’existence d’infections asymptomatiques, mais contagieuses, impose que les mesures visant à limiter l’émission à distance de particules susceptibles de contenir du virus, quelles que soient leurs tailles, concernent l’ensemble de la population.

Son avis repose sur l’identification de trois conditions favorables à la transmission du virus : ventilation et flux aériens insuffisants, basse température et humidité, par exemple dans les abattoirs, activités et efforts physiques dans des espaces clos. Il souligne qu’il existe des arguments forts en faveur de l’efficacité des masques grand public pour réduire la contamination par SARS-CoV-2.

En conséquence, le HCSP rappelle l’importance

  • Du port systématique d’un masque grand public (référencé AFNOR S76-001) par la population générale dans les espaces clos et à l’extérieur en cas de forte densité de personnes.

  • Du port d’un masque à usage médical par les personnes à risque de forme grave de COVID-19.

  • De l’application des lois et règlements existants pour les locaux à usage professionnel, avec une vigilance particulière pour ceux ayant des atmosphères froides et humides et/ou des densités importantes de professionnels.

  • De la vigilance concernant l’aération et la ventilation des espaces clos, publics et privés.

  • De la mise en cohérence de la communication officielle avec la « nouvelle doctrine sur les gestes barrières », avec intensification de l’information grand public.

  • De la recherche sur les voies de transmission du SARS-CoV-2.

On se reportera avec profit au tableau publié en fin de l’avis et résumant avec clarté les préconisations du Haut Conseil en fonction du milieu extérieur ou clos et de l’existence d’un risque ou non pour la personne. On y notera que pour le HCSP le port du masque est optionnel en milieu extérieur, que la personne soit « à risque » ou pas, à condition qu’une distance physique d’au moins un mètre soit respectée.