COVID-19. Soignants, pensez à votre santé !


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La pandémie de COVID-19 soumet les professionnels de santé à de nombreux facteurs de stress, voire à des événements traumatisants, susceptibles d’induire chez eux des difficultés psychologiques à court comme à long terme. La HAS (Haute Autorité de santé) a publié une « réponse rapide » pour les aider à y faire face.

De la série de conseils et de mesures qu’elle énumère, on retient d’abord la double responsabilité d’une part de l’organisation dans laquelle travaille le professionnel (y compris celle de ses collègues, quel que soit leur niveau hiérarchique) et d’autre part du professionnel lui-même. On remarque ensuite que les préconisations peuvent rapidement se résumer en écoute (des autres, de soi-même), expression des ressentis et orientation éventuelle en cas de difficulté.

Parmi les conseils organisationnels, on peut retenir la préconisation du travail en binôme et l’alternance des fonctions les plus stressantes avec celles qui le sont moins, la possibilité de réunions formelles ou informelles pour échanger sur les situations rencontrées dans un climat bienveillant, sans jugement, la facilitation des échanges entre médecins et non médecins et l’anticipation de l’orientation éventuelle d’un soignant vers une structure spécialisée. On note également le recours conseillé au médecin du travail.

Parmi les conseils personnels aux professionnels, le document insiste sur « l’autocompassion », soit l’écoute de ses sentiments y compris négatifs, sans les juger, et sur la nécessité d’éventuellement se faire aider, notamment en ayant recours à un médecin traitant. Ce sont en effet deux points sur lesquels les médecins en particulier ont beaucoup de résistance, alors qu’ils sont un appui précieux pour prévenir les difficultés psychologiques. De même il est conseillé aux soignants de bien séparer vies professionnelle et privée, au besoin en aménageant un sas entre les deux, et de prévoir des temps de repos.

D’une manière générale, « le repérage de signes de détresse ou de souffrance psychique est un enjeu majeur de prévention . » En particulier, « tout changement inhabituel de comportement et toute variation inhabituelle de l’humeur doivent être considérés comme des signes potentiels de détresse. » Les idées suicidaires sont un signal d’alarme justifiant une prise en charge urgente.

Le document conclut sur l’importance de « s’interroger sur le fonctionnement de l’organisation. » Effectivement, la plupart de ses préconisations auraient leur utilité même en l’absence d’épidémie et ont d’ailleurs été formulées bien antérieurement.